Samedi 31 mai 2014

Un lit, mais aussi quelques chaises, nos valises, des petites enceintes, des grandes planches… bref : on y est. Et puis le frigo (bleu) livré hier, oui déjà hier, il fallait bien ça pour les bouteilles soient fraîches ce soir.

Vendredi 30 mai 2014

Je ne me souviens pas du jour de mes 20 ans – un jour banal à la fac, probablement. Je me souviens très bien de la fête pour mes 30 ans. Je n’oublierai jamais ces 40 ans, qu’il me faut, tristement, résumer en quelques lignes : la maison, le vélo électrique surprise, le dîner « cérémonie de thé » tandis que le jour décline, le champagne au Parc impérial dans la faible lumière. Il faudra vivre à un autre rythme pour voir le jour un peu plus longtemps dans ce pays.

Jeudi 29 mai 2014

« Tréteaux pliables ». Nul méthode Assimil ne l’a glissé dans son vocabulaire. Cela fait pourtant, à présent, partie du mien. Parce qu’il en fallait, des tréteaux pliables. Ou pliants, comme vous voulez : oritatami de toute façon.

Mercredi 28 mai 2014

4h45. Heure japonaise. J’abandonne la recherche du sommeil en espérant que la fatigue m’aidera à me rendormir. Parmi les disques qui pourraient me bercer, je choisis (avec un peu d’hésitation) le Requiem de Fauré. Derrière moi, un visage éclairé qu’il faudrait décrire, qu’il est malheureusement impossible de photographier, cheveux noirs, yeux noirs qui s’ouvrent et se ferment les rares moments où je me retourne.

6h10. Annie Hall. Ce n’est pas la peine de chercher à dormir : ils ont allumé les lumières pour le petit-déjeuner. J’oscille entre la version anglaise du film (mais je ne comprends pas tout) et la version française (mais c’est vraiment horrible ces voix).

8h01. Un SMS pour t’annoncer mon arrivée sur le sol japonais. J’ai pas vu la fin du film, on a un peu d’avance. Je n’imagine pas encore qu’il fait déjà si chaud.

8h46. Taxi collectif. J’avais répété pour savoir dire « j’ai réservé un taxi » au comptoir de l’agence mais c’était inutile, le petit homme en chemise blanche m’attendait avec son panneau. Je passerai peut-être à la télévision japonaise, interviewé, bafouillant mon anglais sans arriver à expliquer comment ni surtout quand j’ai rencontré mes amis japonais. Ému ? À la première petite sonnerie typiquement japonaise dans la navette qui menait au terminal, un grand sourire sur mon visage.

19h01. Un verre sur les bords de la Kamogawa pour fêter cette journée, cette nouvelle vie, les visages revus, les habitudes qui s’installent déjà, peut-être même la langue allemande à travers la paroi du studio, cette chemise d’un genre local et d’un tissu de saison achetée dans une enseigne internationale, les hérons sur la rivière et puis la maison. Fermée. Quoi que : pas complètement. Et déjà accueillante.

Mardi 27 mai 2014

Ça s’appellerait Mai, deuxième tome d’une série de jours et de semaines filant comme une étoile une nuit d’été. Mais ce n’est pas encore l’été et je n’ai pas levé les yeux au ciel. Ils sont plutôt vers l’horizon, celui que l’on va partager.

Il y aurait dans ce Mai un dîner très O.S., les photographies de M, une famille ou une autre, un texte délicat pour des Lucioles, des to do lists qui enflent, les images de ton nouvel espace, une petite musique de trop derrière Walter Benjamin, des jolies retrouvailles avec B.B., l’idée d’un lit temporaire et un avion qui s’envole.