Samedi 21 mars 2015

Kyoto n’est pas un port. Le rivage est loin. Il y a pourtant ce bateau, qui chaque 16 août s’enflamme dans la montagne pour ramener les morts vers chez eux. Si l’on aime emprunter les chemins escarpés, on peut (bien vivant) prendre le chemin du bateau. Et de là-haut, regarder la ville. Et chercher sa maison.

 

Le film du soir : Mahoro eki mae quelque chose.

L’autre film du soir : Autour de Bérénice.

Vendredi 20 mars 2015

Je retourne au sanctuaire « abandonné » découvert avant-hier, outillé de mon grand angle pour mieux capturer ces deux canapés qui ne se laissent pas faire – une lumière très basse dans cette forêt et ce coin de toiture s’échinant à être dans le champ –, mais, ensuite, au lieu de grimper, je vais voir plutôt là-bas, le long du cours d’eau maltraité par trop de détritus comme trop souvent à la lisière de la ville. Je ne vais pas bien loin, m’arrêtant à la recherche de pierres ou mousses pour le jardin, me demandant si ce morceau de bois pourraient être utile voire odorant – et le porte à mes narines. L’homme dépassé un peu plus tôt – moi à vélo, lui à pieds – arrive alors, me surprenant dans mon improbable reniflage sylvestre, me salue et dit autre chose en me montrant la suite du chemin. Je lui réponds que je ne sais pas, puisque quelle que soit sa question, je ne sais pas, et je regrette très vite cette phrase un peu facile. Il est déjà trop loin quand je prononce dans sa langue, pour moi-même, que « je ne suis pas allé plus loin », « je suis allé jusque ici seulement »… ce qui aurait été plus précis et m’aurait rassuré quant à ce lent apprentissage du japonais. Qui donc, preuve en est, progresse, allant, comme sur ce chemin, petit à petit, plus loin, ainsi qu’on le précisera le soir au dîner.

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Jeudi 19 mars 2015

Les mots de Marcel Proust, Marcel le paysan cévenol, il les mange à la table de sa cuisine. Et surtout il les mange comme il mange ses repars, en mâchant tranquillement et régulièrement, sans parler.

La table de la cuisine est filmée de face, couverte d’une seule toile cirée à motifs fleuris. Le sol de la cuisine est en vieilles dalles de pierre que le temps a rendues douces et malléables. Hors champ à gauche, la porte vitrée de la cuisine, devant laquelle pend un rideau de bandelettes de plastique rouges, jeunes et vertes, diffuse de chatoyantes irisations dans ce lieu propre à l’intériorité.

A la lecture

 

Le bus n°9 me ramène vers la maison, mais comme à l’aller, il faudra marcher une dizaine de minutes. Il est bondé, avec cette désagréable moiteur de bus les jours de pluie qui me rappelle la vie parisienne ; on a les madeleines de Proust qu’on peut. Dehors la pluie, et chacun sourit de ce chauffeur supplémentaire qui descend à chaque arrêt pour nous abriter de son parapluie, le temps que l’on ouvre le nôtre.

Une fois le mien ouvert, je me dis que le café Maki de l’autre côté de l’avenue pourrait me permettre d’attendre une éclaircie avant la (bonne) dizaine de minutes de marche. J’avais jusqu’à présent ignoré la façade marronnasse de ce café, plutôt attiré par le petit fleuriste lui faisant face. L’ambiance y est légèrement enfumée et puisque il est l’heure j’hésite sur les sandwiches mais ne prend qu’un café, 400 yens. Thriller en fond musical tandis que j’entame la page 124 dont je vous fais bénéficier d’un passage sans le moindre accord avec l’éditeur, supposant que le passage en question est une réclame qui permettra d’accorder mon pardon. Jusqu’à la page 127, fin du chapitre, absorbé par la lecture, je ne prête guère attention à la musique. La flotte – mot assez moche pour temps assez moche – persistant, j’interpelle la serveuse et lui commande un set « New-York » constitué de 4 sandwiches clubs, d’une tranche d’agrume (sic) et d’un café, 800 yens.

Je regarde alors le ballet des serveuses, jupes culottes s’arrêtant au-dessus du genou d’une couleur gris-taupe (la jupe, pas le genou) jauni par l’éclairage, chemisier finement rayé, petit nœud au col, souliers vernis. La musique ne mériterait pas qu’on s’y arrête si elle ne permettait pas une pointe d’ironie – ce solo de saxophone au milieu d’une reprise nasillarde de Mr Postman – un léger sourire –what you want béééillbééééé – ou encore l’évocation surprenante des souvenirs d’adolescents agréables – Styx – ou pas – Ebony and Ivory, enterrée au Panthéon des chansons que j’ai passablement honte d’avoir aimée à un moment de mon existence, l’adolescence n’excuse tout de même pas tout, et qui me rappelle des années de lycée que j’ai globalement cherché à effacer de ma mémoire.

Les deux autres clientes du rez-de-chaussée restent vraisemblablement indifférentes à cette play-list qui ne leur rappelle rien, comme elles restent indifférentes à cet homme qui porte PRESQUE la même veste que moi, me surprenant avant de me décevoir (à cause du « presque »), indifférentes même lorsque, sortant des toilettes, le voici qui se reculotte au beau milieu de la salle pour repositionner son polo couleur caramel sous son slip blanc.

Le Japon étant le pays où l’on apprend la patience si on ne l’a pas déjà acquise, je vois mon déjeuner enfin arriver, et les manger relevant de l’exploit en raison de leur épaisseur, je complique la chose en poursuivant ma lecture, tenant le bouquin de la main gauche et tournant les pages avec difficulté (comme un manchot, ha ha ha), éventuellement distrait cette femme devant moi qui quitte le lieu sans avoir touché au 9/10ème de son assiette ni à son café, à peine servi et encore fumant… le visage de la serveuse découvrant cette bizarrerie étant presque digne d’une tragédie grecque.

C’est lorsque Kool and the Gang débarque que je décide de partir, glissant le marque-page à la numéro 146, faites le calcul.

 

PS. C’était quoi déjà le film du soir ??

Mercredi 18 mars 2015

J’ai longtemps rêvé aux titres des différents tomes de la Recherche, bien avant que mon père ne m’autorisât à les lire, c’est-à-dire ne jugeât que le temps était venu que j’y comprenne quelque chose.

A la lecture

Sentiment de tristesse en découvrant ce sanctuaire « abandonné », grimpette dans la montagne, tentative épuisant de revoir Happy together, en VO sous-titrée en japonais.

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Mardi 17 mars 2015

Alors il se produit comme une explosion, celle des fleurs et des températures et l’on ressort le fauteuil sur la terrasse, sans naïvement s’imaginer que ce sera définitif.

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Lundi 16 mars 2015

Alors, au fil d’une discussion joyeuse avec Rika, découvrant que les deux types de plantes bizarres qui poussent au fond du jardin sont comestibles, les unes revenues lorsqu’elles sont jeunes pour éviter l’amertume, les autres en beignets, j’étoffe le vocabulaire de nos loisirs domestiques – le jardinage, les bouquets de fleur, la cuisine… – tsukushi, tsubomi, fukimoto, suisen, rappa suisen, ageru, itameru….

A peine assis pour enfin travailler, les ongles pas vraiment nets, encore un peu terreux, je tourne la tête et remarque d’abord sur ce passant son pull ayant comme motifs de grands carrés blancs cassés, beiges, marrons, anthracites, camels… Je me dis que je serais bien capable – voire heureux – de porter le même pull-over, lorsque mes yeux se penchent vers les trois chiens qu’il tient en laisse. Blancs, beige, marrons, gris, ils ont un pelage parfaitement assorti au pull, objet de surprise qui deviendra anecdote lors de dîners ou de collations en présence d’amis francophones à qui l’on aime raconter le calme du quartier et l’amusant cortège des promeneurs de chiens.

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Dimanche 15 mars 2015

Elle doit, elle aussi, se demander ce que deux gaijin viennent faire par ici, ce quartier nord où le touriste étranger est une denrée rare, malgré une certaine proximité avec le sanctuaire de Kamigamo, et c’est un tort pour le touriste étranger qui par son ignorance, son emploi du temps un peu chargé ou le trop vaste choix de visites locales, ne profite pas du calme et du charme du coin où, et s’il lui venait l’idée de grimper un peu, là-bas au fond de ce petit jardin, il pourrait avoir une jolie vue sur Kyoto, c’est trop bête de manquer ça. Elle porte un ensemble de vêtements aux motifs multiples, d’une photogénie rarement égalée, avec une blouse fond noir à motifs fleuris bleus lavande et blancs recouvrant un vêtement sans manches avec un pied-de-poule marron recouvrant lui-même un pull aux manches dalmatien au bout desquelles sont accrochées, pour éviter les taches, des manchettes à petites fleurs bleus et roses. Lorsqu’elle sort de derrière le comptoir on découvre un pantalon à motifs plus discrets, quelque chose du cachemire je crois, aperçu trop brièvement pour être sûr.

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Il doit, à présent, croire qu’on parle parfaitement japonais, depuis le temps qu’il nous voit venir à sa boutique, il ne sait même plus depuis quand. Sa femme, elle, ne semblait pas trop sûre, l’autre jour, que l’on habitât ici, après qu’elle avait essayé de me faire comprendre que sa fille avait quitté Aix pour Paris. Mais qu’importe sa femme, le voilà donc parti dans une explication sur la façon de boire le saké qu’on vient de lui acheter, à savoir la température, c’est en tout cas ce que l’on devine alors qu’il frotte son index droit sur sa main gauche, tandis que tu acquiesces avec assurance et que je hoche.

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Le film du soir : Sad vacations, sans qu’on sache vraiment pourquoi ça porte ce titre.

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Samedi 14 mars 2015

On se retrouve devant le parking, hésitant pour ma part sur son emplacement précis – c’est-à-dire la rue où il faut tourner depuis Sanjo, mais un flair sorti de je ne sais où, le souvenir vague d’une certaine distance par rapport aux grands axes, et l’avantage des sens uniques qui éliminent quelques possibilités, m’aident à t’y retrouver à l’horaire correct. Pour le déjeuner l’on s’installe tout près dans un de ces restaurants abordables et agréables avant d’aller enfin voir cette pièce de Pipilotti Rist, poésie un peu rêveuse, comme un sommeil léger.

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Le film du soir : L’Amour de l’actrice Sumako

Vendredi 13 mars 2015

Bord de rivière. J’observe les oiseaux se prendre en chasse pour quelque bouchée enviée, les milans chassant les corbeaux qui eux-mêmes volent après les pigeons qui piquent les miettes des étourneaux. Soudain, la voix de Susan Philipz habille le paysage et remplace avec joliesse les coassements, roucoulements, piaillements et autres onomatopées leur sortant du syrinx – un mot qu’on n’oubliera pas pour les prochaines parties de scrabble de début avril. Et puis un souffle – fffrrrr : un milan sans doute attiré par mon sandwich – un mot qui pourrait aussi être utile, mais bon, huit lettres… – vient de me passer au ras de la tête.

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Jeudi 12 mars 2015

Au hasard de cette promenade quotidienne, mon chemin croise celui de Mishima san, Après des phrases en japonais débitées en vain puisque à une vitesse indécente, elle reprend l’usage de cette langue en commun, mais que soudain je ne maîtrise plus, ne laissant sortir de ma bouche quasiment que des mmmm pour acquiescer et exprimer le hasard de mon parcours en les accompagnant d’un mouvement de la main droite balayant les alentours. D’accord sur la beauté du quartier, où j’apprends qu’elle habite, nous nous accordons une fois de plus à prendre prochainement un café chez elle, ce qui finira bien par arriver.
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+ Le film du soir : Ponyo

Mercredi 11 mars 2015

Quatre ans après, écrire en lettres rouges le mot catastrophe, se rappeler le petit écran de télévision d’un bar de Nogent où j’ai appris la nouvelle, penser aux enfants nés dans l’incertitude. Malgré tout, s’endormir devant le film, comme autrefois, comme souvent, à la différence près que je suis incapable de vous dire le titre (une histoire de mouchoir…).

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Mardi 10 mars 2015

Ne croyez pas les images ci-dessous, cette fleur tout droit sortie d’une île tropicale, ce soleil rasant. La fleur est bien au chaud dans la cuisine et cette lumière avait été précédée de bourrasques de neige.  L’homme, quelques secondes plus tôt, soufflait dans ses mains. Se disait-il comme moi, que c’est à croire qu’ils ont raison, ceux qui disent qu’à Kyoto, l’hiver n’en finit pas ?

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Lundi 9 mars 2015

Alors, sur le petit chemin sombre qui mène à la Villa, je lève les yeux du bitume en me disant que je préfèrerais ne pas croiser un sanglier. Mais à quelques mètres, c’est un cerf qui me regarde, ses bois immenses éclairés par un réverbère… et me voici soudain dans Princesse Mononoké. Il s’éloigne, mon cœur bat sous la surprise et l’émotion et le revoici, là-bas, au coin, qui m’attend, me regarde un instant, bien sûr ne me laisse pas s’approcher, et s’enfuit.
(Tout le reste n’a donc aucune importance à côté de ce moment d’une beauté rare.)

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Dimanche 8 mars 2015

Alors, les adhérents découvrirent le nouveau site à l’heure où… par curiosité, sourire en coin, l’on découvrit que le rayon porno du loueur de vidéos ne proposait que des films avec des filles japonaises. Ce pourrait être l’occasion de parler de l’intégration des étrangers et des homosexuels dans la société japonaise, mais parlons plutôt du déjeuner avec les deux nouveaux venus, exprimant avec une amusante complémentarité l’une son inquiétude, l’autre son calme, parlons de ce petit bar ensoleillé, parlons de Princesse Mononoké, dont la bande-son a bercé mes années d’intégrateur rue de la Chine mais que, curieusement, je n’avais jamais vu. A tort.

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Samedi 7 mars 2015

Comment dit-on « passer du coq à l’âne » et « tiré par les cheveux » en japonais ?

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Jeudi 5 mars 2015

Dans un instant, ce jeune homme d’allure orientale, Nasri Sayeg, va se mettre à lire, à notre intention, quelques pages du livre qu’il tient entre les mains, qui est Le Côté de Guermantes de Marcel Proust. Après qu’il m’a longtemps un peu ennuyé, ce volume est devenu l’un de mes préférés dans l’ensemble de l’œuvre. J’aime à changer, à vieillir avec sa lecture.

Véronique Aubouy, Mathieu Riboulet ; A la lecture

Le (seul ?) docteur généraliste francophone de Kyoto reçoit quelques demi-journées par semaine à la clinique H, derrière la porte verte du bureau n°5 du 2ème étage. Sur les affichettes qui couvrent les murs du couloir où je patiente, et plus largement, de toute la clinique, les personnages dessinés grimacent, toussent, sourient, et, même dans ce pays ou le masque est de rigueur au moins kaze, on rappelle au patient qu’on évitera de postillonner au visage de son voisin. On aperçoit aussi, là-bas, un estomac qui sourit, et j’hésite à décrire avec précision tout ce qui m’entoure (l’appareil électronique pour mesurer la taille des personnes âgées, par exemple) et ce qui m’arrive (l’incompréhensible message en japonais dans une des salles d’attente, par exemple), mais le livre que je tiens entre les mains est une rude concurrence pour mes envies d’écriture. Je découvre alors, histoire de vérifier que tout va bien, la mécanique bien huilé du système médical local, pour, au bout d’une heure, obtenir résultats et satisfaction – en dehors d’un indécrottable taux un peu trop élevé de cholestérol malgré une consommation de légumes rarement atteinte depuis mon installation sur le sol japonais.

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Le film du soir : Rykyu

Mercredi 4 mars 2015

Alors, en face, derrière la vitrine du magasin de pierres tombales, j’aperçois un Hello Kitty de granit.

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Mardi 3 mars 2015

Son collègue, chauve, placé à sa gauche et enfin disponible, vient à sa rescousse. Avec ses rudiments d’anglais, il espère que cela facilitera nos échanges, mais d’une part il trouve vraiment compliqué que deux hommes puissent être mariés et d’autre part son accent lui fait prononcer un « databeuze » que je ne comprends pas. Il répète, finit par écrire « Date of bir… » et je le coupe en riant et lui disant que ok ok j’ai compris. Il repart penaud, appelé par un autre administré, et sa collègue et moi terminons ces démarches avec toute la patience nécessaire et surtout, de sa part, avec un phrasé lent et articulé indispensable.

Passant du coq à l’âne et d’une carte à l’autre, nous voici, cette fois toi et moi, au comptoir du loueur de vidéos. Le remplissage du formulaire se fait plus simplement, même si je ne saurai jamais pourquoi elle m’a demandé qui était le plus jeune de nous deux d’une manière telle que j’ai cru que cela avait son importance dans l’inscription… alors que cela n’en avait évidemment pas et qu’elle devait demander cela par sympathie, genre pour détendre l’atmosphère qui n’était pas tendue sauf peut-être de leur côté du comptoir, désarçonnées de ne pas être comprises à cause de cette fichue manie de ne pas aller à l’essentiel.

Et nous voilà donc, le soir, pour notre première séance de découverte du cinéma contemporain japonais, regardant…  heu… ça :『小野寺の弟・小野寺の姉』

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Lundi 2 mars 2015

A l’entrée du parc, je tente de déchiffrer ce qui est écrit sur le panneau, en supposant que malgré son aspect vétuste il n’est pas obsolète, et ne tire comme information que le fait que le mardi est un jour spécial, et qu’il est ouvert entre 9h et 16h30. Mais cela ne m’aide pas à comprendre avec certitude l’usage de cet endroit, qui est probablement (chaque mardi ?) un lieu où les enfants apprennent les rudiments du code de la route. Cela ne m’explique pas non plus la présence d’une ancienne locomotive et de deux wagons qui me font penser aux Mystères de l’ouest et dont l’usage est dorénavant d’y abriter des étagères de livres (au-dessus desquelles il est mentionné qu’il est interdit de faire quelques chose… mais quoi?). Évidemment, je ne suis pas certain de vouloir tout saisir, et trouve la bizarrerie de l’endroit beaucoup plus intéressante, même si cela malmène ma curiosité. Le lieu, plutôt vaste, contient de nombreux jeux pour enfants, dont une gigantesque cage d’écureuil s’étalant sur une large surface, de vieux pneus peints il y bien longtemps, des animaux écaillés sur lesquels plus personne n’ose probablement s’asseoir ou encore un toboggan de béton autour duquel courent des gamins rieurs lorsque je quitte l’endroit rassuré de voir qu’il s’y passe encore quelque chose de joyeux, et pas uniquement les prises de vue d’un photographe cherchant l’inspiration.

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Dimanche 1er mars 2015

Alors, réalisant que je n’ai pas vérifié le contenu de la boîte aux lettres la veille voire l’avant-veille, je découvre, dans l’immuable enveloppe protectrice traversant les continents sans encombres, la couverture bleutée d’un livre qui ne pourra que me plaire (= La Recherche + Mathieu Riboulet) et l’écriture au stylo permettant le recto-verso que la plume (plus habituelle) interdit même quand le papier est épais (écrit-il).

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Le film du soir : Les 47 Ronins, Mizoguchi