Mardi 30 juin 2015

Ouverture de festival de films. Sans film. Rien ? Non rien, enfin si : une bande-annonce. Alors on échange quelques avis avec ce réalisateur qui découvre enfin le pays, et après le multilinguisme de quelques discours on papote à côté du buffet, ici puis là-bas. Et puis elle arrive : « What are you talking about?« . Je n’aurais pas cru qu’une Japonaise aurait le culot de s’incruster ainsi dans une conversation… L’un d’entre nous répond, je tourne la tête, elle continue, distribue une première carte sur laquelle je pose mon regard. Un festival de films queer dans le Kansai ? Elle m’apparait soudain sous un autre visage et j’interviens dans la conversation au grand bonheur de celui qui s’était dévoué et qui, soudain, ne se sent plus du tout concerné. Au fil de notre discussion je comprends que cette fille oscille entre une certaine timidité due à son anglais chaotique et un enthousiasme débordant. L’échange de cartes plus personnelles se poursuit, on évoque la quasi invisibilité de la communauté, la photographie et, puisque te voilà, tes films, en se promettant de keep in touch.

 

Lundi 29 juin 2015

« Je sais que c’est beaucoup pour l’être humain, si sujet à s’enkyster à son enveloppe, de s’habituer à l’univers, de penser en fonction de l’ensemble, d’élargir son champ respirable, d’enrichir de réalité l’indispensable réservoir de nos rêves. Pas plus qu’il n’y a  plus aujourd’hui d’économies fermées, de civilisations fermées, il n’y a plus d’imaginations fermées ou de propositions à l’abri de leurs correspondances. Il n’y a plus de vent qui, désormais chargé de connaissance, ne soit devenu esprit, un esprit qui à notre âme intérieure ne sourie tout bas à l’invitation. »

Paul Claudel à propos de Vents, de Saint-John Perse. Juillet 1949.

L’insecte aurait pu mourir noyé. Jaune-vert, je tentai de le sauver de la noyade, en le déposant là, sur une pierre sèche à côté du bain. Le soleil se coucha, d’autres arrivèrent : deux frères californiens à lunettes, puis A&D et l’insecte battait des ailes encore et encore, méthode de séchage inefficace. C’est une horde de fourmis qui lui règla son compte sous mon regard impassible et les barbotages chorégraphiques d’A&D.

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Dimanche 28 juin 2015

Munis du reste de salade de la veille dans une boîte hermétique que par antonomase on appellerait Tupperware, nous voici tout là haut, sur « notre » funagata. On peut se l’approprier : il n’y jamais personne qui vient malgré le panorama, jamais personne sauf une fois, un coureur dont l’énergie nous étonna tant le chemin grimpe, grimpe…. Il n’y a jamais personne, alors puisque tu as chaud, si chaud, tu te dis qu’après tout, tu peux bien enlever ce jean… Mais (heureusement) tu n’en as (presque) pas le temps, des voix derrière nous, une bande de marcheurs venue d’à travers la forêt, qui disparaîtra après avoir commenté la vue (ce que l’on voit, ce que l’on devine, ce que l’on connait, ce que l’on reconnait). Entendent-ils alors nos rires ?

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Samedi 27 juin 2015

Un déjeuner végétalien pour se dire au-revoir, parler des six mois passés, des mois à venir. Dire à un ami écrivain que soi-même on écrit chaque jour est toujours assez étrange, et rassurant concernant l’impact des réseau sociaux sur ce que les autres savent de nous quand ils n’ont pas besoin d’en savoir plus. Je ne précise pas qu’il y a des « choses » en chantier, ni comme dit Annie Ernaux, que «Quelquefois, j’écris très peu, mais en réalité, j’y pense tout le temps». Ces « autres » qui n’ont pas besoin d’en savoir plus pensent surtout que la photographie reste ma seule activité puisque c’est ainsi, photographe, que généralement je me montre, comme en cette fin d’après-midi, attrapant les yokai d’Iris dans les couloirs du musée du manga.

Et puis le soir, un documentaire de Naomi Kawase, 杣人物語 (« histoires de bûcherons ») dont le titre anglais me permet d’apprendre le mot Weald, bien plus doux et adapté à la poésie et à la délicatesse du film que la traduction française découverte sur Wikipédia : Les Enracinés de la montagne.

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Vendredi 26 juin 2015

J’ai parfois l’impression que la pluie est japonaise. Qu’ici, je l’affronte. Que je m’adapte, peut-être. Qu’elle m’indiffère ? Comme si j’avais oublié les désagréments de la pluie française. En sortant du métro pour rejoindre le musée où tu allais t’exprimer un court instant, la pluie s’abattait. J’avais choisi les bonnes chaussures pour supporter ces cordes, ce qui aide toujours à relativiser le désagrément des flaques, mais surtout je maugréais tout en nageant, contradiction, dans une sorte d’indifférence. Cette vie sans contraintes réelles amplifierait-elle chez moi un fatalisme déjà bien ancré ?

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Jeudi 25 juin 2015

Ibaraki. Le train local s’arrête un peu partout, dans ces villes entre Kyoto et Osaka, villes oubliées du moindre guide touristique, quelque chose qui pourrait convenir à un exemple de « nulle part ». Il y aurait pourtant un regard à porter sur cette ville étendue, ce territoire construit sans respiration, sans fin. Après les démarches pour faire traduire mon permis de conduire qui m’ont conduit jusque ici, un café qui accompagne ses boissons chaudes de cacahuètes caramélisées et d’une compil de Mariacaré en fond sonore. Dehors il fait chaud et je n’ai pas très envie d’explorer ce coin du Kansai, un peu forcé par l’administration : quitte à errer dans ce type de zone urbaine, qu’honnêtement je trouve laide et triste malgré les façades multicolores des crèches et écoles, je crois que j’aimerais que ce soit le pur hasard qui m’y conduisît. Néanmoins, je repère sur la carte ce qui pourrait être un jardin d’enfants, et m’embarque dans un petit périple aux alentours de la gare. Les surprises sont alors plutôt bonnes et un sanglier en béton et quelques toboggans brûlants viennent compléter ma série. La chaleur me pousse tout de même assez rapidement à reprendre un train vers Kyoto et quelques dizaines de minutes plus tard, me voici qui teste des objectifs photos dans le rayon climatisé de chez Yodobashi, photographiant sans souci ni vergogne vendeurs, clients et uniformes, passant du 35mm au 85mm, sachant que de l’achat de l’un ou de l’autre dépendra mes futurs travaux mais sachant surtout que le 35mm sera plus utile et cherchant à me rassurer sur la qualité de ce modèle bien plus abordable que son grand frère – « professionnel », comme ils disent – au prix astronomique. Malgré la chaleur (puisque je ne suis pas à une contradiction près), je marche jusqu’à Shijo Omiya, croisant un nouvel hippopotame chasseur de pélicans, pour prendre un bus n°6 bienvenu. La nuit presque arrivée, le temps d’une douche et d’une ellipse, je repars, pour voir une fois de plus ce que le parc Impérial peut offrir de nuit.

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Mercredi 24 juin 2015

Soleil. La fraîcheur du sous-sol pour écouter J.R. parler de perspective et de transformations. La fraîcheur d’une bière, au bord de la Kamo pour n’entendre que le bruit de l’eau.

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Mardi 23 juin 2015

A la VK, l’ambiance est au rangement : trois studios vont changer de résidents. Derniers moments pour eux, de nouveaux à venir pour nous, les mouvements se poursuivent au rythme des mois et des saisons. Sur la table basse, il y a encore ce bouquet d’œillets tandis qu’au sol trottinent quelques cétoines et que G passe, le linge lavé. Là-bas, d’une serviette sur la tête, le jardinier se protège du soleil. Plus tard, dans la cuisine, on discutera avec S et I. Le lieu est vivant, et comme souvent je me dis que je devrais venir plus souvent, pour ponctuer mes journées de quelques mots avec d’autres que moi-même et de quelques traits d’humour provenant d’ailleurs que d’Internet.

Plus tard, à la boucherie, il y a quelque chose du fond de l’Italie dans l’ambiance et dans les rayonnages (câpres ou charcuterie), tandis que le patron nous surprend en parlant français (« Je vous fais un prix« ). Et pourtant l’on grimace (devant le bac à surgelés).

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Lundi 22 juin 2015

On pourrait râler, en bon Français, sur le pressing qui ne lave pas, sur le jardinier qui arrache les plus jolies plantes, sur le poisson qu’on recrache. Mais la joie d’avoir su tenir une conversation en japonais pour réserver un restaurant efface tout le reste (même s’il faudra y retourner après avoir appris comment dire « changer l’horaire »). Et puis l’on notera ici, histoire d’étonner (peut-être) le lecteur, le paiement de la « sécu » à la supérette, qui résonne, quand on y réfléchit, à quelque chose d’un oxymore social.

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Samedi 20 juin 2015

L’avantage d’accueillir des amis, outre le plaisir de les voir, est le fait d’aller visiter ces lieux que l’on aime (Genkoan, Daitokuji, Imamiya ou le caviste) ou que l’on ne visite jamais (le pavillon d’or). Et si à ceci s’ajoute un dîner, alors…
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Vendredi 19 juin 2015

Derrière le comptoir, elle remercie ceux qui valident leur titre de transport – vocabulaire francilien. Soudain la foule. Ses arigato gozaimasu se succèdent, elle répète et répète encore, sans sourciller, sans montrer le moindre agacement sous son sourire et sa voix un peu haut perchée. Je regrette de ne pas avoir de quoi enregistrer, c’est fascinant. Quand j’étais petit, on disait que le Japon avait inventé les robots pour remplacer les hommes. Et on le dit encore. Ce qu’on ne dit pas, c’est que les humains ont parfois l’air d’avoir dépassé les robots.

A Karasuma Oike, changement évidemment. La petite musique est proustienne. Je suis en juillet 2011, je prends le métro pour la première fois, les sensations me reviennent, le souvenir s’accroche : la lumière, la chaleur humide.

Et puis chez sato utsugi, soudain cette femme qui parle français avec un bel accent espagnol… pardon : catalan. Un beau moment chez « beau monsieur », comme l’appelle D.

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Jeudi 18 juin 2015

Brainstormer avec quelques wagashis et puis filer pour revoir sur grand écran les deux films de Dominique Auvray sur Marguerite Duras. Je pourrais en parler longtemps, peut-être devrais-je en parler longtemps, de ce que produisent sur moi la voix de Duras et certaines phrases, pour lesquelles j’emploie en général le terme de fulgurance, mais je ne saurais pas en parler comme il faut. Et puis vient le temps des Q/A. La femme tente de parler en français, mais on n’est pas très sûr, le babil est une masse fluide sans squelette, avec quelques signes francophones, et l’on tente de ne pas rire après la gêne. Et puis vient le temps du dîner, et tu rappelles à D que c’est grâce à elle que tu fais du cinéma. Elle avait oublié. Moi aussi.

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Mercredi 17 juin 2015

Avant de partir, j’hésite. Cravate ou polo ? N’ai-je pas un peu l’air d’un curé ? Cette veste est-elle utile ? Ne fait-il pas, de toute façon, trop chaud ? Une fois sur place j’hésite, comme si je n’étais pas encore habitué, comme si je ne me lassais pas d’être surpris : il faut vraiment se déchausser ? Principalement parce que ce pourrait être un moyen de « voir des gens », je passe donc un entretien pour quelques petites heures par semaine, un アルバイト (arubaito) comme on dit ici sans pour autant prendre l’accent germanique, un de ces mots faciles à retenir, nombreux mais pas assez. En sortant, j’hésite encore : ce n’est peut-être pas le moyen que je préfère pour voir des gens.

Et puis tu proposes d’aller là-haut. J’hésite, le temps est instable, mais tu sais me convaincre et tu as raison. Là-haut, c’est encore une histoire de coucher de soleil et d’appareil photo laissé à la maison, un regret, car la ville, petit à petit, s’assombrit et s’éclaire, point par point, juste un peu.

On crot alors la journée terminée, mais c’est sans compter sans S qui nous coupe dans l’élan du lit et nous réveille un peu de sa bonne humeur : « Your hair is wild! I like it! »

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Lundi 15 juin 2015

Alors la jeunesse arrive, tas de sacs à dos à gauche de la porte d’entrée, vêtements courts et légers car il fait chaud, aisance malgré une certaine solennité et les voici donc assis par terre. Mais c’est toujours la même question : il fait froid l’hiver ?

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Dimanche 14 juin 2015

Parfois, pour être un peu plus léger, je n’emporte pas mon appareil photo. Parfois, je le regrette. Sur la terrasse de la Villa, alors qu’on avait installé tréteaux, planches et nappes, certains que la pluie ne viendrait pas nous déranger, c’est le soleil qui est apparu. Là, malin, dans un intervalle nu entre les cimes et les nuages, intervalle orange, vibrant, qui mettrait au pilori le moindre snobisme et ferait renaître les émotions mortes depuis belle lurette devant les couchers de soleil. Chacun s’exclame, file chercher son appareil ou, comme moi, sa tablette, histoire d’avoir un souvenir, une note en image pour une éventuelle description approximative puisque la pauvre tablette ne sait pas quoi faire, éblouie. Toi tu profites de cette lumière dorée pour garder un souvenir de Dominique, chemise blanche, arrivée un peu plus tôt, souvenir radieux et souriant malgré le décalage horaire, puisque le plaisir d’être ici est toujours plus fort que tout.

Vendredi 12 juin 2015

Ce n’est que le lendemain qu’on réalisera qu’on avait oublié le fromage dans la quiche. Pas de quoi gâcher la soirée, mais pour notre réputation, c’était un peu sec…

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Jeudi 11 juin 2015

Alors, à la caisse de chez Fresco, l’employée me tend un dé en mousse de peut-être 30cm de côté. Je ne comprends rien à ce qu’elle dit trop vite, mais par ses mouvements de tête et de bras, je devine qu’elle me propose de jeter le dé derrière, dans cette caisse en plastique vert bouteille. Évidemment un court moment j’hésite en raison de cette situation que je trouve un peu idiote. Mais bon, me voici, imaginez donc la scène, jetant ce dé juste derrière elle, en pensant qu’il va peut-être rebondir en dehors ou quoi, mais non, je fais un cinq. Ravie, elle me tend une boîte d’œufs dans laquelle il y en a, bien sûr cinq. Je la remercie, parviens à ne pas éclater de rire et repars. Ce n’est qu’un peu plus tard, narrant cette aventure de manière concise sur un réseau social, que le rire vient, et me voici pleurant.

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Mardi 9 juin 2015

Ne pas se préoccuper du temps puisque la saison des pluies s’installe et qu’il va bien falloir s’habituer. Partir équipé comme une éventuelle pluie. Et aller plus loin.

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Lundi 8 juin 2015

Il y a, dans ces jours où tu pars si tôt pour prendre le premier train, celui de 6h18, l’avantage de se sentir obligé de se lever tôt pour aller capt(ur)er les rues vides de Kyoto au petit matin. Il est 5h08 quand la première image est prise, Kitayama dori est sans âme apparente, même si quelques taxis circulent, même si on livre déjà, même si d’autres lève-tôt errent aussi, dont un certain nombre n’est là que pour marcher sans autre but que faire de l’exercice. Il faut donc tricher, faire croire que… et attendre que les taxis et passants disparaissent. Mais la lumière de ce matin de juin est triste, le ciel est bas, on se demande si l’on est déjà à la saison des pluies et le résultat n’est pas à la hauteur de mes espérances. La nuit est décidément plus propice aux rues abandonnées. Pourtant, la nuit venue, nulle image, d’abord parce qu’il était sympathique de partager ces pâtes avec S, ensuite parce qu’il pleuvait. Mais depuis quand est-ce une bonne excuse ?

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Dimanche 7 juin 2015

Le film du soir : 世界の中心で、愛をさけぶ, ce qui veut dire « Au centre du monde, crier son amour ». Tout un programme, n’est-ce-pas ?

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Vendredi 5 juin 2015

Et c’est ainsi que, de fil en aiguille, j’en arrive à écouter 3 fois de suite cette chanson oubliée – même si l’on ne peut pas vraiment oublier Priscilla Folle du désert – parce que, ô surprise, elle est dans ton film que, ô surprise, J conseillait de regarder aux lecteurs de cet article dans lequel, ô surprise, il y avait mon nom accolé à une image.

(Et plus tard, que nous rimes !)

Jeudi 4 juin 2015

« On osait pas tout d’abord, rapporte-t-il, regarder longtemps les premières images que [mon père] réalisait. On reculait devant la précision des sujets représentés et l’on croyait que les minuscules figures sur les images pouvaient nous voir ; c’est de cette manière, sidérante, que l’inhabituelle netteté et l’insolite fidélité des premiers daguerréotypes agissaient sur nous »

Max Dauthendey ; Petite histoire de la photographie, Walter Benjamin

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Mercredi 3 juin 2015

Lorsque j’arrive il est déjà tard, j’ai manqué les présentations, les discours, tout le monde est là, souriant bien sûr, chacun a son exemplaire du livre et tu t’apprêtes à le prendre aussi. Es-tu là depuis longtemps ?

Quelques discussions autour de mes activités (réelles ou rêvées) et puis l’on part pour ce dîner tant attendu — depuis un an, on peut le dire. Souriantes bien sûr, voire pétillantes, elles nous offrent deux objets magnifiques qui trouveront facilement leur usage, leur place, et le moment opportun pour les montrer sur ce journal.

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Mardi 2 juin 2015

Il est des endroits du quartier que l’on retient par leurs détails, leur positionnement géographique. Pourtant j’avais oublié que l’on avait remonté ce chemin escarpé ensemble, mon souvenir était personnel, un de ces moments à vélo à chercher les images à faire. Le chemin en question borde la maison de Mishima san et depuis le temps qu’elle nous disait de venir prendre un café, enfin, nous y voilà : café. Au lait, certes.

Nous partons ensuite vers les hauteurs d’Ohara où l’on pique-nique en regardant plus bas, si loin. Et puis c’est Kurama, pour un bain évidemment, presque seuls, et quand soudain l’on n’est plus que deux, je m’offre un souvenir photographique interdit. C’est au sortir du village que cette faute sera punie par un petit garçon tendant deux doigts pour imiter un pistolet. Pan ! Et sourira, avec malice.

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Lundi 1er juin 2015

Tout n’est que mouvements lents, musique et chants, mais j’hésite sur le mot « chant ». Nous n’avons pas lu , avant de venir, ce qui allait se passer sur scène, alors nous ne pouvons qu’être dans une sorte de pure situation, celle du spectateur qui ne sait rien et ne comprend rien ; nous sommes regardeurs, écouteurs. On peut – notez comme soudain je passe à l’indéfini, emportant dans mes pensées les autres regardeurs – inspecter les vêtements sur scène, les décortiquer, même si l’on est loin, et s’en étonner. On peut regarder les gens autour, s’étonner là aussi, qu’il y ait des ados, baskets et sacs à dos, des filles aux cheveux bleus. On peut facilement être dérangé par les bruits de pas sur le gravier, derrière, puisque l’on est à trois rangées du fond, arrivés bien après les premiers rangs. On peut même facilement s’endormir, même sur ce banc de bois. On peut partir au bout d’une heure et trente minutes, comme un grand nombre d’occidentaux, eux aussi au fond, eux aussi curieux de cet art qui reste un grand mystère.
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[su_spoiler title= »Et aussi »]Des plantes, I&A, Muji[/su_spoiler]