Mercredi 31 août 2016

– Tu as vu les films Alien ?
– Heu… j’crois pas… c’est celui qui dit « Maison maison » ?

Mais c’est Godzilla que nous étions allés voir, 『シン・ゴジラ』oui oui oui, ben non sans sous-titres, et sans rien comprendre, si ce n’est que pendant les réunions de crise au Japon ça beaucoup et très vite. Et les courgettes étaient énormes, mais ça n’a rien à voir.

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Mardi 30 août 2016

Elle est en train de déposer deux sacs poubelles jaunes – c’est mardi. J’apporte le mien. Un bonjour, un excusez-moi, et elle passe au temps qu’il fait – beau – et à mon niveau de japonais – bon, d’après elle. La conversation qui suit est relativement courte – le peu de temps que je passe par jour à faire du japonais, mon travail, le tien – mais est une petite révolution, puisque après deux ans et deux mois de voisinage, cela ne s’était jamais produit, en raison des relations de voisinage au Japon, de notre niveau linguistique et du fait que l’on n’avait jamais déposé nos poubelles en même temps. La voir de si près me permet de définir un peu plus précisément sa tranche d’âge – 65 ans ? – et de confirmer qu’elle est plus souriante que son mari, même si elle hoche régulièrement la tête à travers la vitre de sa Mercedes lorsqu’elle la gare en marche arrière, glissant la berline dans le petit espace comme le font si bien les Japonais devant leur maison.

Et à propos de locomotion, un petit moment dans le bus :

 

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Lundi 29 août 2016

9h15. Elle court. Le bruit de ses talons apparaît avant sa silhouette à travers les vitres et cette grille légère qui nous sépare de la rie. Puis elle change de rythme. Moi aussi, reprenant celui des jours de travail.

Samedi 27 août 2016

– On a cuisiné quoi, la dernière fois qu’ils sont venus ?
– Heu… la même chose je crois. Mais ils ont beaucoup aimé.

Jeudi 25 août 2016

21h03. Le train entre en gare de Kyoto. Un train de sénateur, comme dirait La Fontaine, après le départ de Yonago à 11h37 et 6 changements.

Il faudrait raconter les 8 jours précédents, Hamasaka, Matsue, Izumo, Hagi, Yonago, décrits dans un carnet bariolé, le tout entrecoupé des paysages aperçus, doucement, au petit rythme des petits trains locaux.

Mercredi 17 août 2016

Les jours passés sont muets, accumulés, comme les images. Les jours à venir seront muets, bercés par le tatam-tatoum (ou le dosdeskaden) des petits trains locaux dont les lignes frôlent la mer. また らいしゅう!

Vendredi 12 août 2016

Dans sa chemise hawaïenne, il n’a évidemment pas l’aspect habituel des salary-men. Mais l’agence de voyage offre de la liberté aussi à ses employés, qui nagent de surcroît dans une ambiance musicale de circonstance. Cela n’empêche pas, pour autant, un peu de stress, surtout lorsque nous lui demandons un ticket dont il ignore tout.

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Mercredi 10 août 2016

Elle avait demandé à J ce qu’il pensait de Joël Collado, et pourquoi Laure Adler portait des lunettes de soleil le jour où…  Elle avait aussi parlé de sa vision de ce pays, ce Japon qui, pour nous, passe à travers de nombreux filtres, dont celui de la langue, même si nos lectures et nos échanges avec ses habitants nous permettent d’en connaître certaines « particularités ». Elle avait alors imité la voix qu’elle prenait lorsqu’elle travaillait au rayon « spécialisé » d’un vidéo-club… Mais au moment d’appeler un taxi, la voix n’est pas celle, doucereuse, modulée, et encore moins haut-perchée, qu’une femme japonaise emploie habituellement quand elle veut rentrer chez elle. On y entendrait presque du français, on y remarque en tout cas quelque chose d’abrupte.

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Mardi 9 août 2016

Le film du matin parce que le soir la chaleur vous assomme : « Moi, moine » (évidemment traduit en français, ça so-sonne pas très bien).

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Lundi 8 août 2016

Avoir rendez-vous avec J à 16h, à l’heure où la chaleur est un peu moins forte, notion et impression très relative… Et puis ce bus qui n’avance pas sur Shijo, sensation d’agacement curieusement parisienne, et arriver à 16h20, la chaleur pas vraiment moins forte.

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Dimanche 7 août 2016

Donc :
– mini-clafoutis aux courgettes ;
– soupe de tomates froide ;
– soufflé aux asperges ;
– calamars à l’armoricaine ;
– tarte tatin.

Samedi 6 août 2016

Hier, nous discutions avec S, au hasard de sujets virevoltant comme virevoltent les discussions lors des soirées à la VK, nous discutions de folklore, ou plutôt nous discutions de la présence de traditions « ancestrales » ici au Japon, et de notre regard sur cela, notre regard personnel se posant plutôt sur le spectateur du-dit folklore que sur ce monde dont la sincérité est parfois contestée ou contestable. Le folklore, pour moi, ce fut dès 8 ans quelques danses landaises dans une salle des fêtes de Village Vacances Famille : un groupe de personnes sautant sur des échasses au rythme de je ne sais quels instruments locaux. J’étais alors déjà plutôt curieux, je crois, et si je regardais cela avec un certain étonnement, je crois que j’inspectais surtout cette agitation costumée avec un certain intérêt : je regardais mes semblables… C’est en tout cas l’impression / le souvenir que j’en ai, des décennies plus tard. Bref, sayonara les Landes, nous voici ce soir dans le sanctuaire Imamiya, dans notre quartier, pour une fête, abandonnée depuis 20 ans, et reprise cette année (différemment, enfin bon peu importe…). A cheval entre une « simple » célébration shintoïste et une fête de quartier, ce moment nous ancrait, une fois de plus, dans le sentiment agréable d’être ici, et de faire partie du quartier, nous, malgré tout. Et, cette question du « folklore », je l’oubliais un peu en buvant la deuxième coupe de saké…

(Pour la version longue, ajouter la baignade à Ohara avec les amis et les enfants rieurs)

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Vendredi 5 août 2016

Là-bas, derrière moi, des cris d’enfants en rouge et blanc, stade de base-ball. Ici, le parc d’un quartier pris au hasard sur la loop-line d’Osaka, où je grignote vite fait quelques sushis en me demandant pourquoi je n’ai pas fait une petite pause dans la fraîcheur climatisée d’un boui-boui quelconque. Osaka. Destination plutôt rare, surtout seul, qui m’a accueilli ce matin dans le terrifiant brouhaha des travaux au sud de la gare et dans le bruit d’un garçon aspirant avec sa paille le fond de son caffé-latte tandis que j’attendais S qui, une fois de plus, allait me rendre un service immense en faisant le traducteur chez Nikon, où j’allais donc abandonner mon appareil photo pour quelques heures, le temps de prendre la loop-line, donc, et de m’arrêter au hasard, donc, dans ce quartier sans âme, où courent, donc, tout de même, quelques enfants. Un petit tour et je repars, mais attiré par un passage commerçant, je m’engouffre… et découvre un dédale de petites rues bordées de minuscules échoppes, où la sécurité électrique semble autant à désirer que l’hygiène, l’ensemble générant un aspect charmant et photogénique, donc une certaine frustration pour le photographe sans appareil – mais avec un téléphone permettant tout juste de rapporter quelques souvenirs visuels sans importance.

Et puis le soir, lire cela sur FB :

Il fait beau. Quand on va assez loin en promenade dans la matinée ou dans l’après-midi, on arrive à un endroit où, pendant un moment, on est malgré tout encore content de vivre.
Walter Benjamin

Aimer la coïncidence.

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Jeudi 4 août 2016

Instrumental de How deep is your love, et si je pouvais en sourire je sourirais, mais le dentiste préfère que je garde la bouche grande ouverte parce que c’est plutôt « How deep is your dental problem« . C’est donc la mâchoire engourdie que je passe un court moment au sport pour filer ensuite, suffisamment dé(sen)gourdi(e), à notre déjeuner avec J.R., dans ce lieu dont tu m’avais dit le plus grand bien ; regrets d’alors.

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Mardi 2 août 2016

Café Bibliotik. Brownie, grammaire et ginger ale en attendant (toi / lui / le rendez-vous). La musique est des années 80, souvenirs d’années de collégien avec ces chansons de Sting qui tournaient en 33 tours et je me demande si le garçon là-bas ne pourrait pas être celui que l’on doit rencontrer. Mais non, me dit-il. Et puis le voilà, lui, jovial, me confondant avec quelqu’un probablement car il m’embrasse – « le bisou », dit-il, imaginez-vous ? – et malgré mon grand étonnement je ne dis rien, je fais comme si, j’imagine peut-être inconsciemment le mettre dans l’embarras, mais c’est idiot, il vient de s’y mettre. Moi qui l’avait trouvé trop familier par courriel, voilà l’acmé de cette familiarité, dû peut-être à l’absence de certains codes – son bon niveau en français ayant été acquis en France avec une petite amie locale – ou dû à une jeunesse d’esprit… Acmé juvénile.

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Lundi 1er août 2016

Être à Kyoto, venir à Kyoto, c’est une évidence, une habitude, une nécessité pour un bon nombre de nos amis. Parfois, même, en France, ils sont nos voisins. Ils étaient nos voisins, devrais-je dire, tellement l’idée de vivre ici est ancrée – j’allais écrire encrée – pour moi. Pourtant le présent d’une géographie française subsiste. Bref, les amis-voisins sont de retour et nous déjeunons – attention, zeugma – dans la joie et ce petit restaurant dont le bananier tend à lui donner, en plus de son appellation étranger (un truc du genre « café Hello bibliotik »), le nom de « banana café ». Alors au banana café,

Et puis lire Annie Ernaux et tiquer sur une phrase ou deux, une généralité un peu trop appuyée par exemple.

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