Lundi 31 octobre 2016

Ils sont de passage, eux que je pense n’avoir jamais vus et que tu as eu la bonne idée d’inviter à dîner. Bien sûr, la conversation s’immisce à un moment donné sur les lieux à voir, et sur Nara, qu’ils ont prévu d’aller visiter. Nara, l’ancienne capitale, ne fait pas partie de notre to-see-list (malgré le joli souvenir du parc, dès que l’on s’éloigne un peu des meutes de daims) et les amis ont vraiment visité la ville nous en ont rapporté le témoignage de temples bien trop envahis de touristes ou le peu d’intérêt en dehors du gigantisme de certains lieux. Les voilà donc attentifs à nos conseils de lieux calmes, éloignés des foules, et leur envie d’un peu de campagne prend forme.

Dimanche 30 octobre 2016

Les dessins sont sages, animaliers, amusants ici ou là ; bestiaire aquarellé où les hasards de la matière proposent des pelages inédits. L’auteur, revu récemment au hasard d’une soirée, est un visage croisé de temps en temps avec qui les conversations tournent court, une référence de ta résidence ici il y a cinq ans, et l’un des rares hors du placard, ce qui est à noter – et donc je le note. Le dernier dessin vu, au moment de partir, c’est à dire le premier accroché mais que je n’avais pas vu en rentrant et qui est aussi celui du carton de l’exposition, rappelle les visages torturés de ce recueil que je regarde toujours avec intérêt à Ivry. Mais c’est un lapin, pastille rouge en bas à droite pour signaler la joie de l’auteur.

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Samedi 29 octobre 2016

Ils partiront demain, les voilà donc à déjeuner, duo inséparable… jusque dans les chaussettes à l’envers… mais dont la différence se fera sur le goût pour les trottoirs. Non pas ceux des villes, mais ceux des tartes.

Le film du soir : オカンの嫁入り, dont on dira moins de bien…

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Jeudi 27 octobre 2016

J’avais appelé la veille pour prendre rendez-vous. La voix était rapide, l’anglais bancal, les propos presque incohérents, mes réponses n’avaient pas le temps d’être prononcées mais le tout était plutôt folklorique et j’avais plutôt ri en raccrochant, quoi qu’un peu inquiet tout de même, mais pour une consultation dermatologique je ne risquais pas grand chose… M’y voilà donc à 10 heures, cabinet Ono dans l’immeuble Ono, tout est Ono probablement, et dans l’entrée blanchâtre les chaussons sont bien alignés dans les casiers ; j’en choisis une paire à motifs verts. Derrière le comptoir d’accueil, deux jeunes femmes, communication quasi muette, puisque moi-même j’ai comme un peu perdu mon latin. Salle d’attente. Et la voilà. Elle passe dans un sens, démarche rapide et brusque, me dit d’attendre. La voix d’hier. C’était elle : le médecin. La suite est surréaliste, de sa bouche sort un mélange d’anglais et de japonais improbable, pondu dans un débit improbable, elle est improbable, elle me fait physiquement penser à cette femme méchante dans un James Bond… bref… je repars tout de même avec 2 tubes de pommade et (seulement) 1110 yens en moins.

La suite est constellée de scènes à raconter ou de lieux à décrire : le petit café sans charme, la librairie avec charme, la jeune fille sage qui change de place dans le métro (parce que les deux autres en face ont le visage couvert de piercings ?), le soleil couchant et la prière à Kurodani. La suite se termine par le spectacle de Luis Garay à Kyoto Experiment, spectacle pour lequel nous assistons à la « couturière », mais la couturière n’a pas dû être débordée, car il n’y pas beaucoup de danseurs habillés. Moi qui fait souvent l’impasse ici sur les spectacles / conférences / concerts auxquels nous assistons, cela me démange tout de même de décrire ce « El lugar imposible », lieu impossible sans décor (lignes blanches au sol), quelque chose peut-être du Paradis ou de l’Enfer, lieu où règnent les corps, mouvements, contorsions, contournements, mouvements lents, mouvements cycliques, ping-pong, aller-retours, regards fixes, regards absents, et en définitive un moment déroutant où les postures et la fascination balayent l’imposture crainte au début. Alors, essuyer ses chaussures, tapoter son bas de pantalon et repartir sans savoir.

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Mercredi 26 octobre 2016

Les histoires comme celles-ci sont pareilles au Nil, elles n’ont pas un commencement. Elles en ont une myriade. Et toutes ces sources engendrent des rus qui se jettent, l’un après l’autre, dans le cours principal du récit – le grand fleuve.
Prenons une de ces sources. Nous sommes à la mi-décembre 1977, la nuit tombe sur Niigata. Naoko Tanabe, collégienne de treize ans, revient de son cours de badminton.  Les rues qu’elle emprunte ne sont guère passantes : ses parents habitent un quartier résidentiel de demeures à un étage.

Eric Faye ; Éclipses japonaises

Alors, tandis que je pèle les fruits pour les recouvrir de sucre tout en écoutant pour la énième fois ces fichues leçons Assimil pas du tout assimilées, j’ai comme une envie de montrer ça, cette couleur orange des kakis et des mikan… Alors je me dis que c’est peut-être l’occasion de retrouver ce compte Instagram sur lequel traînent quatre malheureuses photos, d’autant plus malheureuses qu’il y a cette vieille dame peut-être décédée, que c’est peut-être l’occasion de mieux connaître ce réseau et ses usages… Mais finalement, on n’y voit pas la confiture.

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Mardi 25 octobre 2016

Scène 1. Matin. Marché aux puces.
Je m’accroupis, regarde des tasses, juste comme ça… Le vendeur se lève, me dit que c’est époque Meiji et que ce sont des vues du Mont Fuji. Et il s’approche, prend une tasse, me redit que c’est Fuji san, et pointe du doigt non pas une, mais deux montagnes… Heu… C’est le Mont Fuji, ça ?, je lui demande en souriant. Il tourne la tasse dans tous les sens à la recherche du symbole japonais… et je m’éloigne en riant de l’homme gêné, lui qui avait l’air vraiment sincère et qui n’avait donc jamais dû regarder son lot de près.

Scène 2. Après-midi. Caisse du Fresco.
Elle prend mes trois kilos de sucre posés dans mon panier, en pose deux derrière, et par le mot hitori au milieu d’une phrase en japonais prononcée trop vite, je devine qu’il y a restriction. Cela me semble improbable, alors je lui demande de répéter, puis lui demande pourquoi mais la réponse est incompréhensible et je crois bien qu’elle répète la même chose, encore trop vite. Je dis que je ne comprends pas, en regardant la femme derrière moi, la quarantaine, visage fermé, elle s’en fout, elle veut juste payer ses articles. Alors, comme souvent dans les moments de communication impossible (cf. la scène non racontée, il y a une dizaine de jours, d’un problème d’abonnement à la salle de sport), j’hésite entre en rire ou en pleurer, mais en tout cas, là, à ce moment précis, je déteste tout, tout le monde, ce pays, la personne en face et moi-même. Je retrouve alors un réflexe de franchouillard agacé en lui disant de manière sèche que j’irai donc en acheter dans un autre magasin, hésite à lui demander si c’est la guerre, répète sa phrase d’excuse en la finissant par quelques vagues borborygmes, et paye, malgré tout, parce qu’il y a peut-être une raison.

Scène 3. Soir. Restaurant.
Nous sommes tous les quatre au comptoir. Le cuisinier et sa femme s’affairent, se croisent. K leur dit que c’est comme une danse. Je traduis à peu près. Elle rit. Comme nous rirons souvent, au cours de ce dîner merveilleux, chaleureux, délicieux.

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Lundi 24 octobre 2016

Temple Manshuin. Elles posent ; la mère et la fille, probablement. C’est le père, probablement, qui prend la photo. La lumière est magnifique, mais avec ce jardin dans le dos, on peut imaginer un contre-jour. À mes pieds, la moquette rouge est frappée par le soleil, et les boiseries ont pris cette teinte rouge elles aussi. Et puis le fils les rejoins. Il pose alors à-côté du père, et je n’y vois qu’une simpliste généralisation des rapports familiaux japonais, effaçant dans mon esprit qu’ils sont peut-être juste heureux d’être ici ensemble.

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Dimanche 23 octobre 2016

Having parted with the evening glow
I meet with night.
But the angrier red clouds go nowhere
and just hide in darkness.

I don’t say goodnight to the stars
for they always hide in daylight
The baby I once was yet remains
in the center of my growth rings.

No one ever, I think, vanishes.
My dead grandfather grows like wings on my shoulders.
He takes me to places outside of time
along with seeds left by dead flowers.

‘Good-bye’ is a temporary word.
There are some things that bind us together
far deeper than remembrance and memory.
If you believe that, you needn’t look for it.

Shuntaro Tanikawa

La porte était bien sûr ouverte, ils sont là, nous attendent.

Samedi 22 octobre 2016

Alors on loue une voiture et on part vers là-bas, sud-est du lac, Shigaraki, Iga… parce que l’on t’y attend, parce que l’on aime ce coin, parce que l’on aime retrouver la campagne, voir un autre horizon et ces autres gens, prendre des routes bordées d’arbres à kaki ; le ciel est gris.
Au Miho museum, c’est la même fascination que la dernière fois pour quelques objets de Mésopotamie ou d’Égypte antique, cet œil, cet ibis, ce personnage assis en tailleur, cet œil surtout… ça balaye tout le reste, surtout la grandiloquence du lieu, bien que j’aime particulièrement les jeux de lumière du tunnel par lequel on accède.
Du reste de la journée, on oubliera les sujets à moquerie (la prétention de l’une, les céramiques de l’autre) pour la joliesse de tous les objets que l’on a(urait) envie d’acheter, pour un bon gâteau en feuilletant un magnifique livre de photos, pour deux kilogrammes de champignons achetés dans un marché « bio », pour le joli début d’un film qui ne sera que début, puisque l’on s’endormira.

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Vendredi 21 octobre 2016

Il arrive en pull multicolore au milieu de la foule neutre (des gris, des gris, des gris, un beige ici, des noirs bien sûr, du bleu marine saupoudré, et moi-même peu éclatant dans ce gilet bordeaux). Le pull est très ample, bien plus que les coupes ajustées des hôtes, même si, dans les rayons de la boutique inaugurée ce soir (inauguration suite à laquelle nous nous retrouvons dans un moment festif qui m’amusera beaucoup), oui donc même si l’on a vu ce soir des coupes larges comme les Japonais(es) en portent avec aisance et élégance. Ses yeux bleus et sa taille aussi se remarquent, indices scandinaves même si je ne connais pas les normes danoises. Voilà plusieurs mois qu’on ne l’a pas vu et l’on parle très vite de se retrouver à la maison pour dîner et lui piquer une nouvelle recette simple à reproduire… mais on reprendrait bien un verre de vin d’abord.

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Mercredi 19 octobre 2016

Midi trente. Je t’attends. Pointe de Demachiyanagi, lumière belle. Sur les bords de la rivière, le jaune et de rouge ont commencé à s’immiscer dans les arbres. La petite fille joue, des personnes âgées se retrouvent, un couple d’étudiants vient déjeuner et puis elle lit, sa tête à lui sur ses cuisses. Avant moi, sur ce banc, deux dames.
Sur le chemin du retour, d’autres cosmos en pot pour égayer la maison d’un rose plus soutenu. Et puis la pluie, inattendue. Et puis les résultat, tant attendus. 240 ?!

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Mardi 18 octobre 2016

Ils sont venus dans le quartier, alors nous voilà, eux et moi, pédalant jusque « là-haut », Takagamine, et son petit restaurant de soba… fermé. Au temple Genkoan, la faim commence donc à se faire sentir, et, c’est « en bas » que l’on déjeune, délicieuse simplicité, où l’on parle par exemple de l’Afrique et des lever de soleil sur le désert.
Plus tard, nuit déjà tombée, je cherche les bureaux, car on est invités, mais je ne sais pas trop pourquoi, je ne sais pas trop où c’est – la magie des adresses japonaises… mais finalement m’y voilà, jolis meubles, joli projet d’hôtel, jolis sushis… tout est joli, peut-être trop beau, il y a quelque chose d’un peu étrange, tout de même, dans ces moments où l’on admire les dépenses des autres.
Plus tard, enfin – enfin ! – Carol. Et ce regard qui clôt le film.

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Samedi 15 octobre 2016

La lumière est très basse. Deux bougies. On vient de manger un délicieux gâteau (un wagashi… un kinton pour être précis), de boire un macha servi dans des bols incroyables. Auparavant, voyez-vous il y avait eu un long moment de méditation zazen, une première pour moi… surtout avec un bon gros rhume qui fait renifler…
La lumière est très basse. Et l’on nous propose d’écouter l’eau bouillir…

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Vendredi 14 octobre 2016

La soirée d’hier avait déjà germano-nippone, avec discours en langue locale, accent d’origine et mixité culinaire. Et nous revoilà, pour un film cette fois, où l’anglais s’immisce aussi, langue universelle ; un film où l’on retiendra surtout les rapports humains, la rencontre et bien sûr la triste réalité des habitants de la région de Fukushima.

NB. Dylan renverse son champagne et Bob l’éponge.

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Jeudi 13 octobre 2016

Ohara, bord de rivière. Il gare sa camionnette, sort un peu de matériel dont sa tondeuse, qu’il démarre. Et il part balayer. Alors il n’y a plus que ça, le bruit. Le bruit inutile, surtout. Mais ça ne le gêne pas lui. Il fallait bien qu’il l’allume, il va s’en servir. Tôt ou tard.

Ohara, Kyoto
Ohara, Kyoto

Mercredi 12 octobre 2016

C’est dans l’un de ces pseudo cafés français, répondant au nom de « Délifrance », qu’on les retrouve par hasard, après quelques sms n’ayant pas précisément défini le lieu de rendez-vous près de la gare. Ils reviennent de quelques coins du Japon, ici où là, et puis ils repartiront. Mais reviendront. Eux aussi. Parce que… parce que.

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Mardi 11 octobre 2016

Kurama. Après la montée vers le (si beau) temple – et sa crypte, que j’ai failli manquer – et après le petit resto : le bain.
Au bain, il est souvent question de la pudeur, celle des gens pas habitués, ou de l’absence de pudeur qui surprendrait par exemple l’adolescent français que j’ai été… Voici qu’aujourd’hui, un homme non japonais portait un maillot de bain, faisant fi des habitudes et des instructions notées ici ou là. Et puis… un moment plus tard, est arrivé un garçon qui, il y a quelque temps, n’était pas un garçon. L’absence de pénis, les cicatrices sur la poitrine, le garçon les montrait, ou plutôt ne les cachait pas. Pas de serviette, pas de main ici ou là… Il portait sans doute ce corps après un long chemin vers la liberté d’être soi, là où la pudeur (pour lui en tout cas) n’existe peut-être plus, là où existe la question de s’aimer soi-même et d’être soi-même, de ne pas se cacher…
Bref, je ne vais pas aborder cela de manière plus approfondie… mais l’homme en maillot, déjà un peu anodin – en plus de ne pas respecter les règles – était alors à mes yeux complètement hors du monde, en cachant ses attributs qui ne le rendaient pas plus masculin que l’autre garçon. Le parallèle était, pour ne pas dire fascinant, en tout cas très intéressant. Et tandis que nous nous rhabillions, l’homme au maillot enfilait ses chaussures dans le vestiaire… Peut-être, finalement, se croyait-il ailleurs.

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Lundi 10 octobre 2016

Non, je suis désolé, mais on ne voit pas la mer. Parce que l’on ne peut pas voir la mer d’ici.

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Dimanche 9 octobre 2016

Poum. Deux oiseaux tombent face à moi, ils viennent de heurter la baie. Deux, batifolant sûrement. Je me précipite. L’un des deux meurt après quelques derniers mouvements de patte. Le deuxième gigote un peu plus, et si toute mon attention ne sert à rien après un tel choc, le voici qui reprend ses esprits, et s’envolera, finalement, seul.
Là-bas, à l’école du quartier, c’est la vie ; demain c’est la journée du sport, et aujourd’hui les familles se réunissent pour courir, jouer… Je regarde ce « spectacle », cette vie de quartier, cette simplicité, cette joie de vivre, ce monde loin du mien et m’amuse surtout de ces courses à deux, parents et enfants (de maternelle ?)… Un peu plus loin, au café, il y a ce garçon de peut-être 18 ans que la mère materne et que le père ignore. Il est onze heures, ils ont commandé des soba, et le silence est rompu par des slurp. (Parler une prochaine fois du si joli temple à côté de l’école, dont la quiétude était rompue par autre chose que des slurp)

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Samedi 8 octobre 2016

Ils repartent, déjà, et puis la journée passe, en attendant la pluie, qui ne viendra que le soir, après la promenade. La vie au Japon, c’est parfois lutter contre l’humidité, râler contre la moisissure qui s’est glissée ici ou là, s’agacer de l’odeur tenace. La vie ici, c’est aller faire un tour, s’arrêter là, sur ce chemin qui sépare le sanctuaire du parking. De chaque côté du chemin, la même chose à manger, des mochis grillés. Et le même ballet des femmes qui y travaillent, interpellant les passants – dont un grand nombre s’arrête – par les phrases de politesse et une manière que l’on trouve parfois un peu insistante : sous des airs souriants, la concurrence est rude et le regard malin.

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Vendredi 7 octobre 2016

Après avoir visité cette jolie maison, nouvelle maison, tatamis noirs et bois clairs, petits détails et grandes idées, on évoque les constructions, poussant comme des champignons, comme celle qu’il y a en face du petit restaurant qui a été sa cantine cette semaine et où le propriétaire l’a donc saluée comme il se doit en entrant. Lobby, poids des promoteurs immobiliers, faible coût, constructions modulaires, facilité d’entretien… n’explique pas totalement le fait que le laid (notion subjective, certes…) de la standardisation plastique l’emporte. Faudrait-il aller chercher du côté de l’indifférence ?

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Jeudi 6 octobre 2016

Voici que je retrouve, en ce jeudi, l’usage du 50mm récupéré mardi. Il faut aller réserver un restaurant, et mon aisance linguistique, fragile, me pousse à me rendre sur place. Fermé : le petit panneau l’indique, la porte qui ne glisse pas le signale également, il est pourtant 13h30, tant pis. Je remonte, sur mon vélo et vers le nord, zeugme. Au hasard des rues, apercevant une figure étrange au bonnet rouge, c’est la curiosité qui me me fait entrer dans ce temple, devant lequel je suis passé si souvent, mais le parking qui le sépare de la rue a sans doute eu l’effet d’un repoussoir, à croire que parfois, les bizarreries ne m’intriguent pas. Le lieu est étrange, on pourrait décrire le soleil qui frappe les statues et les feuilles de lotus là-bas derrière… mais l’on s’arrêtera sur ces formes humaines, émouvantes, restes de peintures, qui ornent deux murs. Et puis, un peu plus au nord, un autre temple, propre, presque parfait, dont le calme fait oublier le bruit provenant de l’avenue ; il y a bien sûr des fleurs fanées dans le cimetière. Les deux lieux sont réunis, dans mes souvenirs encore frais de fin de journée, dans une quiétude surprenante ; et c’est peut-être d’être encore surpris qui me surprend.

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Mardi 4 octobre 2016

Osaka. Un emploi du temps enfin allégé me permet de revenir dans la cité bouillonnante pour récupérer mon objectif 50mm, joliment réparé. C’est cependant au 35mm que je regarde la ville, du moins une petite portion entre les deux gares d’Osaka et de Shin-Osaka. Entre les deux, le Yodo, fleuve imposant ici son embouchure et sa respiration au milieu de la densité. Entre les deux, une certaine banalité urbaine faite de kombinis et de camions de livraison ; il faudra errer ailleurs pour aimer cette ville. Alors aux alentours de la gare nouvelle, alentours survolés par les ronronnements des avions, je guette les salary-men en chemise blanche, les allures pressées et les contre-jours… histoire d’en aimer les images.

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