Mardi 29 janvier 2019

Maguy. Ce sont les mots qu’il m’envoie, la voix ; c’est ainsi qu’il la surnomme, Maguy. Son rire aussi il me l’envoie, il le souligne, son rire avant qu’elle dise que ce qu’elle entendait étant enfant c’est des fox-trot français, avec cette inimitable façon de dire fox-trot.

Maguy. Maguy Marin. May B. Dès le début du spectacle je pense que je lui dirai « maguystral » puisque nos échanges sont ainsi, morpions et cocasses, cherchant le sourire qu’on ne verra pas pour exprimer en l’occurrence la fascination. Et puis il advient un je ne sais quoi, au mitan peut-être, que je nomme « trop grande tristesse » après qu’il s’est imposé. C’est peut-être là qu’est la force de l’œuvre, c’est peut-être là ce qui dépasse l’œuvre : ce qu’elle offre et qui m’étreint dans une musique lancinante, en boucle, quelques phrases en boucle, comme le groupe en boucle, ça recommence, lentement, encore et ça m’est insupportable. Comme chez Duras ou chez Bausch au cinéma, il y a ça, cette musique qui ne s’arrête pas, ainsi je me crispe devant ce que l’auteur exprime, jusque dans les lentes salutations qu’il faut applaudir. Mais que voulez-vous que j’applaudisse, là, tout de suite ? Le début poudré bien sûr, mais ensuite ? Pourrai-je revenir applaudir demain ? Le temps de.