Jeudi 4 avril 2019

« Mekas n’a donc pas choisi l’exil. Les circonstances l’y ont contraint. Il y a deux sortes de voyageurs, rappelle-t-il à propos de Reminiscences of a Journey to Lithuania, ceux qui partent de leur plein gré à la rencontre du monde pour chercher fortune ou simplement aller voir ailleurs si l’herbe est « plus verte » et qui, à la manière du Wilhelm Meister de Goethe font de leur voyage un roman d’apprentissage, et puis il y a les autres, les déracinés, ceux qui sont arrachés de force à leur pays comme de la mauvaise herbe et qui semblent condamnés au ressassement de la nostalgie, au travail infini du deuil. »
::: Patrice Rollet, « Les exils de Jonas Mekas », Les Cahiers du cinéma n° 463, janvier 1993

Les lunettes c’est comme les histoires d’amour. Il y a celles pour lesquelles on se dit que tout bien réfléchi c’est peut-être ce qui nous correspond le plus. Et puis il y a les coups de foudre qui vous embarquent au premier regard, sans hésiter, quitte à se dire après : C’est un peu trop sage, non ? Mais dans les coups de foudre, il y a rarement des témoins ; il n’y a surtout pas E qui rigole parce que je me regarde de très près dans le miroir.