Jeudi 6 juin 2019

Elle n’est pas assez âgée pour voler, alors vous l’avez recueillie. Ton accent ou une confusion sur le mot la rend muette, comme un oiseau silence.
Sur la photographie que tu m’envoies juste après que nous avons parlé, je découvre sa tête, joliment couverte de taches.

Trente-huit minutes plus tard tu évoques le Japon, puisque tu iras, et que tu ne sais pas, dans tes moments dits libres, ce qu’il y a de mieux à choisir. Rapidement je parcours la liste de propositions que l’on te fait et bien sûr je t’entraîne à Ohara – lire ce nom m’émeut – ou dans un village inconnu avant que nos smileys s’amusent de ta pudeur, puisque des sources chaudes tu ignores les usages.
J’aurais tant aimé t’y rejoindre, en ce septembre encore chaud, pour revoir mes amis, donner à ce pays un peu de ton visage et puis t’accompagner ; je t’aurais parlé des oiseaux.

Alors je te demande si tu lui as donné un nom. Tu me dis Nokta : un point. C’est tout.