Mercredi 18 décembre 2019

Il n’est pas huit heures, je suis sur le campus, déjà. Les travaux du futur bâtiment, dit  » recherche », biiip biiip biiip, illuminent un coin de nuit ; le soleil n’est pas levé mais offre une dominante bleutée à l’horizon. Je sors mon nouvel œil, clac. L’image est nette. La nuit vient de perdre un peu de son sens.

Mon D700, après dix années de très bons et très loyaux services, dix années d’un usage intense et presque quotidien, brinquebalé dans tous les sacs à dos et à main que j’ai possédés, subissant les chocs contre le mobilier urbain, le froid des neiges japonaises, la poussière du Chili et le sable du Kenya, montrait des signes de faiblesse. Il a été mon œil, ma main, mon inséparable.
Depuis plusieurs semaines, il ne s’éteint plus.
Le voici en sommeil.
Son remplaçant sera un nouveau virage, comme l’ont été tous les changements de matériels photographiques (téléphones portables inclus) et de supports (instagram inclus). Je peux à présent faire des photographies dans des conditions de lumière très faibles. Je peux à nouveau (comme avec mon Fuji, 2006 – 2009) faire des images en visée ventrale. Je peux faire des vidéos. Je peux surtout continuer à regarder le monde… quel que soit le matériel.