Samedi 18 avril 2020

P revient d’un pays où les garçons ont les yeux noirs. Il m’envoie, dans cette solitude que nous partageons, un petit mot qu’il a aussi, semble-t-il, adressé à d’autres.
Le pays est loin. Il s’y est égaré. On se perd facilement dans les sombres iris, qu’elle qu’en soit l’hémisphère où ils scintillent.
Il attend, il espère, il dit qu’on verra ce qui est possible.
Je le laisse parler de lui, malgré la tentation de dire ce qui, dans ses mots, me ramène à moi, à ma propre expérience, comme par solidarité entre nos cœurs en attente. Mais je préfère répéter, dans un sens légèrement différent, ce que j’ai écrit à S, ce que j’écris en réponse aux « tu ch ? », ce que j’ai glissé à celui à l’oreiller : tout est possible. Anything is possible. J’aime le « n’importe quoi » du anything anglais, sa folie.
Parce que tout est possible… Du moment qu’un jour, on pourra sortir. Du moment qu’un jour, il pourra voler.