Mercredi 13 mai 2020

Dans chaque culture, la littérature construit un stock de vocabulaire propre à exprimer une certains sensibilité aux saisons qui l’environnent. En ce sens, peu importe le nom de saisons : même pour les résidents de contrées qui ne connaissent qu’une seule saison dans l’année, et peut-être à plus forte raison, il doit être possible de développer sa sensibilité aux plus infimes oscillations du monde.

::: Ryoko Sekiguchi ; Nagori

Il doit être possible de.
Ou pas.
Ce paragraphe me fait irrémédiablement penser aux dix-sept jours passés à Arica. J’y ai cherché l’inspiration, et bien sûr dans le ciel aussi. Chaque jour se ressemblait pourtant. Il y avait de quoi nourrir au moins un paragraphe ou deux, de cette immobilité. Pas plus : là n’était pas le sujet, là n’était l’élan. Le ciel, voilé au matin, perçant l’après-midi mais toujours envahi de quelque chose de sablonneux, jouait chaque jour sont petit numéro. Et pourtant. A la fin du premier chapitre de Ryoko Sekiguchi, sans que je n’y attende, elle m’invite. Et si je regardais au creux du bleu paresseux ?