Mercredi 3 mars 2021

Alors ils caressent le plateau de la table qui, au milieu du fatras de détritus – carton, polystyrène, plastique – est enfin sur ses pieds après qu’on a retourné les 43 kg de bois et de métal. Sensualité, dira A. Plusieurs fois je l’avais caressé moi aussi, dans le grand magasin, avant de me décider, un jeudi je crois. Et puis elle est arrivée ce matin, me surprenant, me voici joyeux, puisque une erreur de saisie informatique me la promettait plus tard.

L’arrivée de cette table signe la fin d’une sorte de bricolo-camping-industrialo-chic qui servait de table de salle-à-manger – à savoir un couvercle géant (plateau bois, marqué d’un imposant Leica rouge, trop class, bordé de métal, trop yeah) posé sur deux petits tables de jardin – et me permet ainsi de remettre l’une des petites tables de jardin non pas dans un jardin qui n’existe pas, mais au soleil, là, sur le pas de la porte, où la coursive se baigne de soleil aux meilleures heures de la journée et se baigne également du tintamarre heavy-metal du voisin de palier, gloubiboulga musical plus proche d’un grognement né d’une circulation routière auquel je suis habitué et qui par conséquent me dérange à peine que d’une potentielle musique me déconcentrant.