Samedi 25 septembre 2021

Je ne te dis pas ce que je pense, parce que notamment je n’arrive pas à penser, dans cette langue, à la complexité de la situation, à ton comportement, à ce que je traîne depuis toi, à ce qui m’énerve en moi. Je ne te réponds pas parce que je ne connais pas le sens de cet adjectif, là, les deux ou trois fois où tu le prononces pour tenter de me faire dire ce qui ne va pas. Je réponds un peu à côté, je contourne, je te contourne, tu es absent de ma réponse et de mes explications, volontairement parce que je n’ose pas, involontairement parce que la précision de ta question passe par le filtre de mon manque de vocabulaire. Tu es encore un piège et la langue en est un autre. Le flou également : il est de la couleur de la Garonne, il en a l’épaisseur maronnasse, et l’on s’y noie.