Samedi 28 mai 2022

Dans la littérature médiévale, Renart est le goupil affamé dont le roman retrace les aventures désordonnées, le mot de desroi désignant en ancien français le tumulte, l’agressivité ou tout simplement le désordre. Le desroi, ou l’envers du roi, nomme l’art rusé de ne pas se laisser gouverner. Renart n’a pas d’autres identités que sa propre joie à transgresser : il est non pas d’où il vient, mais où il va. Et où va-t-il ? Où la fiction le porte – là où se trouve son abri, son invitation fictionnelle, si l’on veut le dire ainsi. Ce récit sans contrainte s’adresse à des lecteurs affranchis – il faut être déjà libres pour se laisser libérer par les livres, je propose d’appeler cela se délivrer.
::: Patrick Boucheron, Mathieu Riboulet ; Nous sommes d’ici, nous rêvons d’ailleurs.

Il y a dans les cartons, des images à la pelle, des mots aussi, qui parfois me feront rire, sourire. Ou pas. Ainsi, quelques mots de mon grand-père à mon père, sur une carte postale, parce qu’il sera absent pour son anniversaire, ou à ma grand-mère – “à ma femme que je n’oublie pas” précède la signature – sur une autre, montrent la distance, l’absence. A son fils, il signe Antonio, aussi. Le français de mon grand-père est parfait, élégant ; seul le futur remplace les terminaisons en ai par des é.