Lundi 12 septembre 2022

Il est 8h53 et je photographie les pages de mon passeport. Bientôt, lorsque le nouveau sera prêt, dans quelques semaines, on m’en séparera. Disparaîtront les tampons chiliens, péruviens, kenyans, turcs et surtout les années japonaises, celles qui ont succédé au premier été et au premier hiver. Ainsi je vois les traces des départs du pays : 24 juillet 2012, 20 octobre 2013, 8 juin 2014, 4 novembre 2014, 30 mars 2015, 10 novembre 2015, 20 mars 2016, 10 novembre 2016, 1er mai 2017, 26 avril 2018. Je vois le déchirement du 1er mai 2017, et je ne sais pas si j’y vois l’avenir.

Mardi 6 septembre 2022

Je prends le micro, pose ma question, un peu maladroitement car j’oublie d’égrainer un peu plus tout ce qui fait la complexité du film, film fou donc indispensable. Je demande au réalisateur d’où ça vient : c’est quoi, le point de départ ?
Je n’ose pas lui dire qu’une de mes scènes préférées au cinéma, c’est dans son film Mourir comme un homme : soudain les protagonistes s’assoient au milieu de la forêt, il y a un filtre de couleur – plusieurs peut-être ? – et une musique passe. Dans Feu Follet, le film de ce soir, c’est une scène de danse qui, en quelque sorte, arrête le film. Ou le fait basculer ? Est-ce que c’est ça, le point de départ, un point de déséquilibre central ?

Et puis il s’agit de rentrer, penser aux images, et, en cherchant le sommeil, écouter Bruno Podalydès lire Perec. Là où il est encore question de basculer (vers la nuit), je ris de recettes de cuisine, puis, dans un récit qui tend vers l’introspection, m’émeus, souris encore et m’endors.

::: Feu Follet ; João Pedro Rodriguez

Lundi 5 septembre 2022

La photographie qui s’affiche sur Whatsapp à 13h35 montre un courrier sur une page A5 blanche, et un stylo noir en haut à droite ; la photo est composée. L’écriture est belle, de celles dont l’élan vous bouscule : il faut ici ou là froncer un peu les yeux pour attraper le sens. Les mots sont beaux, ils vont vers moi en tant qu’ils disent quelque chose – ressenti – sur cet objet que j’ai écrit, qui dit beaucoup de moi et qui cherche – comme si ce n’était pas moi qui le voulait – à être lu. L’objet traine. Je le fais trainer, autant – oh non, bien plus – que je le fais lire. Et encore voilà des fautes. Et donc une raison de trainer ; il faudra corriger.

Dimanche 4 septembre 2022

J’avais pris ma voiture au jour annoncé, il fallait alors pas loin de deux heures de conduite, l’autoroute reliant Besançon et Dijon n’ayant pas encore saigné le paysage, étrécissant les sols, les collines, les distances et le temps.
::: Guy Boley ; Funambule majuscule.

Tu me dis que tu aimes quand il y a des photographies. J et B sont là. Je suis celui qui vous rejoins, ce soir, et peut-être autrement, c’est-à-dire en d’autres fois qui se répèteront, rejoignant alors, peut-être en en frôlant sa périphérie, votre cercle.

Samedi 3 septembre 2022

De ces trois petites chambres dans lesquelles pendant presque quarante ans a vécu et travaillé Gaspard Winckler, il ne reste pas grand-chose. Ses quelques meubles, son petit établi sont partis. Il n’y a plus, sur le mur de sa chambre, en face de son lit, à côté de la fenêtre, ce tableau carré qu’il aimait tant : il représentait une antichambre dans laquelle se tenaient trois hommes. Deux étaient debout, en redingote, pâles et gras, et surmontés de hauts-de-forme qui semblaient vissés sur leur crâne. Le troisième, vêtu de noir lui aussi, était assis près de la porte dans l’attitude d’un monsieur qui attend quelqu’un et s’occupait à enfiler des gants neufs dont les doigts
se moulaient sur les siens.
La femme m
onte les escaliers. Bientôt le vieil appartement deviendra un coquet logement, double liv. + ch., cft., vue, calme. Gaspard Winckler est mort, mais la longue vengeance qu’il a si patiemment ourdie n’a pas encore fini de s’assouvir.
::: Georges Perec ; La Vie mode d’emploi

Il ne s’agit pas de haïr les dimanches mais bien plus, je le sais, les samedis soirs sans envie, avec cet incurable et presque étrange ennui – étrange tant il ronge – né de l’absence des autres autant que d’un Autre unique. La solitude des samedis soirs revient peut-être ici subrepticement comme disparait l’été, sans savoir pourquoi, malgré tout, puisque nul ennui ne devrait naître du temps qu’on a enfin pour des images à traiter, des textes à écrire, des pages à lire, des films à voir, ni naître de ceux qu’on a vus plus tôt et qu’on était joyeux.

Vendredi 2 septembre 2022

Alors je vous suis infidèle, emporté dans cette ambiance inédite qui rompt, autrement, ma solitude.

Ainsi je rencontre B, il a un prénom dont Mathieu Riboulet a fait un titre qu’il me faudrait relire. Il porte une tenue que je relève, au sens figuré : un kilt. Des chaussettes noires soulignent ses mollets, le reste est noir aussi : ses chaussures, sa chemise à manches longues. Il a un visage, une voix, une candeur apparente – que j’imagine trompeuse – qui facilement m’emporteraient, peut-être jusqu’où il va, puisqu’il part.

Il est de ceux qui donnent envie d’écrire, d’écrire sur eux, comme hier, ou de photographier ; je lui dirais “Ne souris pas.”

Jeudi 1er septembre

Perdu dans les jours, j’aurais presque oublié l’AG de l’asso, me précipite et puis c’est bien ainsi puisqu’il est là, en face de moi, en bermuda et polo, bermuda camel et polo vert amande, beau le gars, beau discrètement, tendance voisin de pallier qu’on croise parfois, qu’on n’ose pas aborder, lunettes fines, 35 ans peut-être 40, j’ai envie de le décrire, j’aimerais savoir le décrire, il regarde surtout dehors, je sens qu’il sait que je le regarde, et puis voilà, j’y viens, tatoué, les bras les jambes, mais de beaux dessins, différents mais tous beaux le peu que j’ai osé regarder, une tête d’animal surtout, là, sur la cuisse. Et puis des oiseaux. Envie de toucher des yeux au moins, longuement, une pieuvre, une mouche qui apparaît quand il se lève pour descendre à Mériadeck et l’on voudrait qu’il reste et puisque quoi d’autre encore ?

Plus tard tu es beau aussi, plus jeune, moins discrètement peut-être, et tu me dis “c’est quoi ça ?” Alors je prends l’objet, le bâton recouvert de feutrine, tape un coup, et le frotte. Le son s’amplifie. J’avais je n’avais réussi cela autant, c’est magique, ça part, le son gonfle et s’envole, remplir l’espace, les mots me manquent, chut, nos silences, je suis ému, c’est beau, si beau, ça chante. “Comment s’est possible ?” dis-tu.

Mercredi 31 août 2022

On resterait partis quatre jours. On logerait à Gentilly, dans la banlieue, on ne savait pas de quel côté mais dans la banlieue, chez des sortes d’amis que les parents avaient. C’était le début de mars, quand la lumière mord aux deux bouts du jour, on le voit on le sent, mais sans pouvoir encore compter tout à fait sur le temps, sans être sûr d’échapper à la grosse tombée de neige, carrée, brutale, qui empêche tout, et vous bloque, avec les billets, les affaires et les sacs préparés la veille, au cordeau, impeccables alignés dans le couloir; vous bloque juste le jour où il faut sortir, s’extraire de ce fin fond du monde qu’est la ferme. On n’y passe pas, on ne traverse pas, on y va, par un chemin tortueux et pentu, caparaçonné de glace entre novembre et février quand il n’est pas capitonné de neige grasse ou festonné de congères labiles ; on s’enfonce, le chemin est comme un boyau, entre les noisetiers ronds et les frênes et d’autres arbres dont personne ne dit le nom, parce que l’occasion manque de nommer les choses, et pour qui, pourquoi, qui voudrait savoir. On prendrait le train à Neussargues, un train direct, sans changement jusqu’à Paris. Changer eût été difficile, voire exorbitant, ou périlleux ; à trois, on n’aurait pas su au juste où aller dans la gare de Clermont que l’on ne connaissait pas, où il aurait fallu prendre un souterrain, monter et descendre des escaliers, repérer un quai, en traînant les bagages, sans rien oublier sans rien perdre, surtout le gros sac bleu du père où étaient les cadeaux pour les amis, fromages, de deux sortes, cantal et saint-nectaire, et cochon maison, boudin terrine rôti saucisses, de quoi nourrir cinq personnes pendant quatre jours et plus.
::: Marie-Helène Lafon ; Les Pays

Lundi 29 août 2022

Bus. Le chauffeur donne  quelques instructions, confuses, il est fébrile. Quelques minutes plus tôt, aucun des passagers attendant à Clermont n’était sur sa liste, ni la fille devant moi, ni moi, ni les gars derrière, oh c’est vrai il disait. J’étais très calme, persuadé dès le début qu’il ne regardait pas la bonne liste, et puis tout s’est réglé, tout s’est calmé en lui aussi asi il a fallu du temps.

Alors quand il dit comment se tenir et combien de temps va durer la pause – il n’en sait pour l’instant rien – il reste un peu confus, et gêné, car en plus les toilettes sont fermées et en cas d’urgence, il peut les ouvrir mais ça va puer, dit-il avec une formule alambiquée que je ne note pas. Il dit qu’on peut manger dans le bus mais il se prend les pieds dans le tapis pour nous dire d’être propre ou discret au téléphone. Ça ne va pas si bien que ça dans sa tête, même si tout le monde est là.

Derrière moi ça discute en langue d’Europe centrale, et à ma droite, en scout, qui voilà ?, le jeune type qui avait assisté au dépouillement la dernière fois, jeune mec de bonne famille, bingo.

Alors je me plonge dans mon livre et je ne fais que ça de tout le trajet, je dévore, pris par l’histoire improbable et j’ai besoin de ça, ne rien faire d’autre, je l’ai déjà dit ici, après une lecture de Camille Laurens ou La Maman et La Putain, il faut ça, parfois, du temps.

Le bus s’arrête, aire d’autoroute, le Puy de Dôme est masqué par les arbres, mais on voit les horizons de la veille. Je m’approche du scout, je lui dis “Vous vous souvenez ?”, je précise. Il se souvient. Il dit que c’est lui qui avait mis le bulletin Jésus. “Vous croyez qu’il ferait un bon président ?” je demande. Il dit, je m’éloigne un peu impoli, l’esprit ailleurs peut-être. Je suis content qu’il n’ait pas voté Le Pen : l’habit de scout ne fait pas le moine.

Vendredi 26 août 2022

Le bus de rechange à l’inconfort certain roule vers Clermont-Ferrand. Devant moi, le chignon d’une jeune femme qui est bien trop près de mes yeux pour l’apprécier, bien que la spirale qu’il dessine soit délicate et me rappelle celui de Madeleine dans Vertigo. Mais j’ai de quoi m’en extirper, les yeux clos ou pointant vers les paysages qui défilent : dans mes oreilles il y a les voix ou les mots de Mathieu Riboulet ou de Marie-Héléne Lafon. Cette dernière est donc un avant-goût d’Auvergne.

Le siège de la dite jeune femme est capricieux, celui de sa voisine aussi, c’est ce que j’apprends en arrivant sur une aire d’autoroute où l’on peut se dégourdir les jambes car je m’enquière de l’éventuelle possibilité, en y mettant les formes, qu’elle veuille bien laisser le siège relevé. Mon voisin de siège est un brun germanophone dont les jambes bronzées et velues dépassent d’un short blanc ; il ne dit rien malgré une situation identique.

Le reste du parcours est donc plus éloigné du chignon : je peux lire.

A Clermont, il s’agit alors, la nuit est tombée, de jeter un œil sur la cathédrale dont la façade est plongée dans le noir, fantomatique. Il s’agit surtout de changer pour Issoire et de creuser la nuit dans un TER tardif.

Mercredi 24 août 2022

Soudain, tu me dis des mots que je ne crois pas. Mais je dis oui, d’accord. Tes yeux semblent surpris, peut-être embarrassés. Les miens le sont moins, moins surpris, moins embarrassés : tu dis ce que j’attends mais je n’y crois pas. Avant même que tu me le dises, je savais que je n’y croirais pas. Ici même je l’écris, avec le risque qu’un jour tu me lises. Avec ‘envie qu’un jour tu le lises ? Mais cherches-tu vraiment à me connaître ? Un jour me liras-tu ? Irai-je jusqu’à te parler de ça, là, mes mots ? Pour te séduire peut-être ?

Tu m’avais d’abord accueilli jovial, avec ce sourire qui n’en finit jamais. Tu buvais un alcool fort, brun, de ceux qui manquent chez moi. Soudain, j’étais à peine arrivé, ç’avait été le noir. Il restait des bougies, nombreuses, et à leur lueur nous étions restés.

Lundi 22 août 2022

Cest cette nuit-là que Blake invente Blake. Pour William Blake, quil a lu après avoir vu Dragon rouge, le film avec Anthony Hopkins, et parce quil a aimé un poème : « Et je bondis dans ce monde dangereux : Impuissant, nu et criard / Comme un démon caché dans un nuage. » Et puis Blake,
black et lake, noir et lac, ça claque.
::: Hervé Le Tellier ; L’Anomalie

Dimanche 21 août 2022

Et puisque finalement il n’y a personne, j’entends par là qu’il n’y a pas ceux qu’on attendait, c’est-à-dire ceux que j’attendais l’un à 17h et il y aurait eu des images, l’autre à 21h et il y aurait eu des mots – parce que tout de même il y a eu ce déjeuner, ce n’est pas rien, ni personne – alors le soir je m’enfonce dans le désert, celui d’un film, un de ces films dont tout le monde a déjà parlé et que jamais je n’ai vu, film ovni, film paysage, quelque part vers le rien comme elle disait, Marguerite, encore.

Il y a de nouveau du cinéma, quatrième film en quatre jour. Il y a aussi eu le temps passé sur ce projet qui revient, comme ça, avec tous les doutes qu’il traine. Alors peut-être qu’en ce dimanche, j’en sors aussi, du désert.

Samedi 20 août 2022

Au début, les premières secondes, je touche
toujours mon cœur pour vérifier qu’il bat.
Car j’ai le sentiment de mourir.
J’ajuste mon masque, me tenant à la proue.
Je fais des battements de jambes.
Le vent souffle fort.
Il parle.
Je l’écoute parler.
Au loin, les champs de pastèques,
le toit de la vieille école et des fleurs de safran.
L’eau est froide malgré le soleil,
et le courant chaque jour plus fort.
Bientôt, tout cela disparaîtra.
Crois-tu que les caméras du monde entier se déplaceront pour en rendre compte ?
Crois-tu que ce sera suffisamment télégénique pour eux, Sarah ?
Qu’importe.
::: Antoine Wauters ; Mahmoud ou la montée des eaux*

Au matin tu m’envoies un texte, en souvenir de lui. Il y a, dans ces quelques phrases, ce qu’est l’amitié, c’est-à-dire de quoi ça nait, l’amitié, ce mot qui vous collait peu aux habitudes quand nous étions enfants, alors que pour moi il est de tant de chemins empruntés.

Tu m’envoies le texte pour savoir s’il y a une faute ou autre chose qui me choquerait, mais c’est au-delà de cela, au-delà du trait d’union qui manque dans son prénom. Tu m’envoies ce qui nous unit, une émotion, nos partages, tes questions, nos rires, tes larmes ou celles que je retiens, mes silences trop souvent quand les jours sont ensemble et que j’ai quelque part épuisé tous mes mots.

Je pleure en lisant ton texte, simple et beau. Il y a dans tes phrases le manque, douloureux. Il y a ce signe que les absences vous creusent et que les larmes ne sont que la partie visible de tout ce qu’on ne dit pas.

Roberto Rossellini ; Jeanne au bûcher, 1954

Mercredi 17 août 2022

Je leur dis qu’hier, alors, JL a parlé du film que je verrai bientôt. Il en a raconté une bonne partie. Je ne voulais pas entendre : toujours je veux découvrir à un seul rythme, celui du spectateur, là, assis dans la salle. Mais aujourd’hui, il ne m’en reste rien. J’ai oublié ce qu’il m’a dit. Je creuse : rien, je ne sais plus. Pas d’image en tête, pas de mot.

Lundi 15 août 2022

Il y a sur le chemin comme un oiseau blessé, un oiseau qui s’envole : morceau de bois dans l’herbe peut-être encore un peu humide des pluies. C’est peut-être un morceau de moi, sec ou blessé, ou voulant s’envoler. Car il y a cet impossible, il y a cette folie, il y a ces mots que te dis, un peu à toi je les dis, un peu au vent qui souffle, en rêvant de partir. Je pourrais aller là-bas, mais pas pour rien. Pour quelqu’un. Et si c’était pour moi aussi ? Oh si tu m’attendais, ne serait-ce pas pour moi, aussi, que je partirais ?

Dimanche 14 août 2022

Alors je lutte contre l’écriture. C’est presque une souffrance. Je veux y arriver, je sais que je peux, qu’il y a une forme à trouver, une approche, elle est là, dans ma tête, floue, bruyante, elle est là dans les carnets, c’est pourtant presque rien, je n’attends que peu, quelques pages. Souvent je n’ai pas le temps, pas la tête à ça, mais je ne sais pas si c’est vrai ou si c’est une excuse, il y a toujours autre chose à faire de plus simple, de plus habituel, sans efforts. Il y a toujours une heure qui file, un rendez-vous qui s’impose, un rythme qui freine et il n’y a plus le temps d’avoir le temps.

Vendredi 12 août 2022

Un coup d’œil sur Aubusson avant sa gare, où l’on pourrait rester pendant des heures pour expérimenter l’idée du rien, un rien amer né d’un territoire lointain avec des rails envahis d’herbes, comme un avant-goût de la disparition prochaine des transports jusqu’ici, peut-être. On ne voudrait cependant pas garder ici l’idée du rien, sauf celui de Duras lorsqu’elle dit regarder la mer jusqu’au rien ; j’ai peut-être ainsi regardé les arbres depuis la maison de Serge.

Jusqu’à Guéret, nous sommes quatre : une maman d’une androgynie qui me fait douter du mot à employer et son enfant, la contrôleuse et moi. C’est le même train jusqu’à Limoges, 14 minutes en gare de Guéret et c’est la vie qui s’installe alors : quelques touristes, toute une jeunesse probablement pas encore motorisée, un homme venu à la ville pour voir son dentiste, une maman qui berce son enfant pour qu’iel ne pleure pas mais la poussette grince, légèrement mais allégrement. Un bruit bienveillant, ainsi puis-je lire.