Je ne savais pas ce que Tacna m’avait donné à voir lorsque nous avons quitté la ville par le train, 16h30 heure locale, 18h30 heure chilienne. J’avais entraperçu, à l’aller, par la fenêtre du taxi collectif, un sujet, à savoir ces cabanes de parpaings.A Tacna j’avais enfin mangé un ceviche, spécialité locale de poisson cru mariné et poursuivi la découverte des produits locaux comme le kamote, patate douce dont le goût et la couleur oscillent entre la carotte et la citrouille. Et puis il y avait eu la ville, discrète, une ville dans sa définition première : un lieu où des personnes se regroupent pour vivre et vous vendre tout un cas de trucs dans la rue, trucs qui parfois, soudain, vous font envie, comme ce petit bracelet, un petit rien dans lequel vous pouvez mettre beaucoup de sens si cela vous chante.
Et puis on a quitté Tacna par ce petit train bringuebalant et empêchant d’écrire. Par la fenêtre ces mêmes cabanes de parpaings qu’à l’aller. Mais tellement. Tellement. Une ville pas encore née, sauf dans l’esprit de promoteurs immobiliers voulant offrir de la vie à cette terre inerte faite de poussière et de lignes électriques.