Mercredi 29 juillet 2026
Mardi 28 juillet 2026
Lundi 27 juillet 2026
Ton rire, souvent, dans les vagues par exemple.
Dimanche 26 juillet 2026
Samedi 25 juillet 2026
C’est le jour que nous attendions. Allez viens, je t’emmène là où l’orage balaiera la plage. Et donc nous partons, Hendaye au bout des heures. Nous laissons derrière nous l’enfer ou quelque chose qui y ressemble, nous partons loin des fumées mais sommes-nous à l’abri ? Notre esprit peut-il être à l’abri de ce que sera demain, à l’abri de ce qu’il se passe ailleurs, ici mais surtout quelque part donc partout. Peut-on — c’est-à-dire doit-on, insensiblement — être à l’abri du monde ? L’inquiétude est dans les valises et elle ne nait pas que du feu, elle nait aussi des oublis et des incertitudes.
Vendredi 24 juillet 2026
Et les fumées soudain. On croit un court instant la cathédrale en flammes, mais on comprend vite que le vent a tourné.
Mercredi 22 juillet 2026
Dimanche 19 juillet 2026
Vendredi 17 juillet 2026
Jeudi 16 juillet 2026
Trop vite, dit-on — ce « on » qui n’est pas nous. Mais ça veut quoi trop vite ?
Que faire sinon se projeter pour savoir si ça fait peur ou sourire, donner la chance à demain et au mot « ensemble », sans oublier le mot « précaution » dans l’anticipation de ce que nous pouvons être ?
Que faire sinon constater nos heures tardives qui attendent de se souhaiter bonne nuit, nos premiers signes au matin, une voix, une image, un son, sérieux ou amusé ?
Lundi 13 juillet 2026
Dimanche 12 juillet 2026
D’un bleu trop clair le ciel ébloui, plutôt blue l’esprit. Et la marque sur le corps, née de l’inadvertance des instants où l’on heurte, le regard ailleurs, les yeux plongés. Bleues aussi les lumières de Yokohama, fredonnées.
D’un mauve usé les fauteuils du train 8485. On pourrait compter les moments éloignés, mais l’on sait les moments ensemble, les yeux plongés encore, bientôt dans la mer, soleil couchant ; l’horizon n’est pas qu’une ligne, c’est aussi ce qu’on attend.
Samedi 11 juillet 2026
Vendredi 10 juillet 2026
Enfin son prénom devient un visage. Un visage retardé par le temps qu’il faut puisque Paris c’est aussi cela, le temps d’aller d’un point à un autre peut-être autrement qu’ailleurs. Son prénom devient une énergie, l’expression de rêves où l’homme est une présence amoureuse. Elle porte une tenue apprêtée, haut blanc dévoilant un corps et l’épousant, puisque c’est le verbe du rêve prononcé. Nous quatre avons porté une attention sur nos tenues, I porte une élégante et efficace petit robe noire, ta chemise est une belle audace, moi j’ai remis celle de mercredi, autre occasion, autre forme de solennité, ce soir on n’attend rien de moi sauf une aisance, des rires ; parfois votre jeunesse est ma retenue. Ce soir l’improvisation n’est pas un risque.
Jeudi 9 juillet 2026
Mercredi 8 juillet 2026
Les jours passés n’ont pas laissé assez de temps. Quartier inédit, métro Wagram, le rendez-vous est à 17h. J’arrive presque léger sans réponses anticipées à des questions imaginées. Est-ce folie ? Sans doute. L’entretien est une conversation agréable qui s’allonge, comme au dehors les températures. Demain — c’est-à-dire un possible pour l’automne — se joue là. Ce n’est pas qu’un possible, car s’allonge aussi l’envie d’avoir le poste qu’on me décrit. Je m’y vois. Mais que dis-je pour qu’on m’y voie ?
Lundi 6 juillet 2026
Dans le bus vers le docteur L, une femme qui pleure, un homme au chapeau et veste de cuir.
Dimanche 5 juillet 2026
Sur la photographie que je t’envoie, des fruits encore rouges et des feuilles dentelées, comme sur ton bras, comme dans ton jardin, ce jardin dont il reste quoi ? Celui où je suis, peut-être qu’un jour pour toi, pour nous, il sera un havre à la douceur familiale.
Et puis le retour, retardé pour profiter des heures. Dans le train, tandis que la gare de Bordeaux approche et que Dusty Springfield chante « I’m going back », un homme attend debout devant moi. La nuque bronzée comme un Californien, la vingtaine depuis 3 ou 4 années entamée, il porte un bermuda en jeans — d’une des poches arrière dépasse un bandana bleu marine —, un tee-shirt blanc, des baskets Vans à carreaux rouge et blanc, et surtout des Ray-Ban Wayfarers. Alors je me dis qu’il pourrait être un personnage de « Moins que zéro« , et je me demande dans quel roman il aurait pu être la proie d’un vampire. C’est si loin, j’avais alors son âge lorsque j’étais dans ces pages-là.
Samedi 4 juillet 2026
Rester à l’ombre malgré la chaleur, dehors est une respiration, aussi parce que ce sont les feuillages et la brise sous lesquels j’aime être. C’est ensuite un dîner, en face de moi un regard amoureux qui passe au-dessus de mon épaule, raffinement malgré quelques pincées de sel en trop. Et l’inédit du moment est prolongé jusqu’à la nuit, sous les étoiles je nage un peu, en des draps inconnus je dors jusqu’au matin. L’inédit déplace les habitudes à d’autres endroits, jolis, c’est ainsi.
Vendredi 3 juillet 2026
Jeudi 2 juillet 2026
Mercredi 1er juillet 2026
Alors demain s’éclaire encore plus.
Mardi 30 juin 2026
Peut-être que tu viens chaque jour, ici, et que tu attends demain pour un signe, un mot, une image, les phrases de quelqu’un d’autre.
Tout cela va revenir, les jours passés vont ressurgir ; tu souriras peut-être.
Dimanche 28 juin 2026
Samedi 27 juin 2026
Sur un cintre de la boutique, un tee shirt blanc à manches longues en coton peigné. Tu le prends, tu me regardes, tu souris, tu tires un peu sur l’une des manches et tu me dis que tu portais le même la première fois que nous nous sommes rencontrés, tu t’en souviens parfaitement, tu sais où nous étions assis lors du dîner. Moi, j’ai oublié ce moment. Il faudrait plonger dans les carnets pour dire la date, si loin, parce que notre histoire c’est cela. J’ai d’autres souvenirs de toi, une photographie surtout dans la lumière basse d’un appartement, le moment où je l’ai faite, ce à quoi je pensais en la regardant et en vous l’envoyant.
Vendredi 26 juin 2026
Alors j’annule, parce que les jours ne suffisent pas, parce que la raison l’ordonne.
Mardi 23 juin 2026
Je vais raconter bien pire qu’une chute, une étreinte avec l’oubli. Je vais parler de la peau de terre grasse, de l’impossible amour et du souffle court. Je vais dire un cauchemar devenu monde. La vie. Ma vie.
Ça a commencé d’un seul coup, quand je me suis réveillé dans une veine de roche, sous terre. Déposé là je ne sais comment. C’est ce qui m’est arrivé et qui n’est le sort de personne en vrai.
::: Dimitri Rouchon-Borie ; Mouette (éd. Le Tripode)
Lundi 22 juin 2026
Samedi 20 juin 2026
Vendredi 19 juin 2026
Jeudi 18 juin 2026
Mercredi 17 juin 2026
C’est le matin, je suis seul au bureau, il toque, passe la tête à la porte, on se salue, il avance. I’ve heard about the terrible news, il dit ; il a appris que je partais. Il y a en lui une émotion que je n’attendais pas. D’autres que lui ne veulent ça non plus, par exemple ils disent « Oh non, non, tu ne peux pas partir ». Partir c’est aussi cela, elles, eux, laisser tout un monde, je crois que je peux dire que j’étais là pour elles, pour eux. Pas toujours comme il aurait fallu. Mais là, la porte toujours ouverte malgré les restrictions imprimées sur le petit panneau.
C’est le soir. Spectacle : Ongoing. Traduction : « En cours. »
(Être) en cours : se dérouler, s'exécuter, être en train d'être réalisé au moment où on parle.
Exemple : Alors tes investigations pour Paris ? C'est en cours.
Mardi 16 juin 2026
Journée chez moi, la douleur d’hier s’est presque échappée au matin –colchicine mon amie –, mais prudence. Journée passée, un œil sur l’heure, un autre jeté à la fenêtre, j’enfile un bermuda lavande et un débardeur rouge, hop un sac en toile, à la pharmacie trois boîtes, plus loin l’horizon. J’appelle maman une fois sur les quais, j’ai un peu faim c’est l’heure de dîner, je regarde le fleuve marronnasse là où le ciel ne s’y reflète pas, on raccroche après avoir parlé des artichauts, des températures et d’Hendaye, je me retourne, foule sur le miroir d’eau, si c’était une chanson je dirais il manque quelqu’un près de moi, je me retourne tout le monde est là. Ce n’est pas une foule ce sont des spectateurs, j’enlève mes tongs, m’approche. 19h47 : Unexpected moment, je te partage. More beautiful because unexpected?
Unexpected moment. Ça pourrait être un titre ; on hésiterait sur un pluriel. Un livre ; j’y hésiterais sur le moment à choisir en autant de chapitres. Une série d’images ; pour revoir chacun. Quelque chose ; comme la trace d’un présent encore là, installé.

Lundi 15 juin 2026
Et donc on ira voir la mer.
Elle sera là, devant nous. Il y aura le bruit des vagues, les enfants qui rient sur la plage, les surfeurs qui époussettent le sable sous leurs pieds. Sans doute des nuages. Et nous.
Dimanche 14 juin 2026
Aujourd’hui je travaillais, un dimanche pourquoi pas, ça change quoi ?, juste une fois, comme ça, c’était bien, c’était utile, j’ai observé, noté, mis à jour la documentation de référence, je me suis étonné que l’être humain en 2026 se paume sur un campus avec une carte Google sous le nez, j’ai rassuré l’employée du traiteur qui avait perdu les fourchettes, paniquée pour des fourchettes non ça n’en vaut pas la peine on n’est pas des robots on a fait autrement, et dehors il faisait chaud soleil brûlant et puis je suis rentré loin des amusements et du bingo drag qui sans doute m’aurait offert de grands sourires. Mais l’amitié aussi, c’est un grand sourire : Nigel, Catherine, Dominique, Anne, iels sont là-bas, alors on se parle, je raconte l’automne qui arrive, mon retour près d’eux, l’audace, les certitudes et les incertitudes, l’espoir. Grand sourire.
Samedi 13 juin 2026
Et s’ennuyer ensemble aussi.
Vendredi 12 juin 2026
Les chansons disent des mots que je ne comprends pas. Les traductions proposées disent quelque chose, mais quoi exactement et qui parle alors ? J’y pioche une phrase, celle où tes yeux me sourient, je lui donne un sens, à d’autres je n’en donne pas, la voix est belle et cela suffit, les images aussi.
Jeudi 11 juin 2026
Lundi 8 juin 2026
Bus G. Tatouage « Duchesse » sur le bras de l’homme qui n’a rien d’une princesse, une famille qui rit, j’ai l’album Vertigo dans les oreilles, j’aime. Je sors de chez le Dr L, il a beaucoup souri de mon enthousiasme, de ma joie, de ma certitude ; demain est immense et je donne une chance à tout ça. Il y a 5R, et nous rirons toi et moi d’en trouver d’autres.
Dimanche 7 juin 2026
Samedi 6 juin 2026
Vendredi 5 juin 2026
Dimanche 31 mai 2026
Samedi 30 mai 2026
Un jour de plus, un anniversaire de plus. Dire les années qui passent, les craindre ? Depuis peu j’attends pourtant celles qui viennent.
Vendredi 29 mai 2026
Jeudi 28 mai 2026
Et tu me tends une petite boîte, immense.
Lundi 25 mai 2026
J’ai déjà écrit des histoires de trains qui quittent Paris. Mais jamais il n’y avait eu autant de chansons et de mots qui prenaient soin. Jamais il n’y avait eu toi. Nous ne savons peut-être pas qui nous serons ; nous savons qui nous sommes et ce que nous nous disons. Il y a l’envie de dire que nous serons.
Dimanche 24 mai 2026
Paris revient, les amis d’autrefois aussi et c’est comme hier. C’est aussi pour cela que je veux retrouver cette ville — ma ville, encore ? —, pour vous, que je ne vois plus, ou que trop peu.
Un bord de Seine, on s’attend, il faut beau, sans doute trop chaud mais il y a le vent, je suis bien, Soraya arrive et le temps que tu nous rejoignes je lui parle de toi, de nous, de moi. On interroge les années passées, ce que sera demain.
Et puis le bus 64, un autre passé revient, la place de la Réunion, moins austère que dans mes souvenirs car les cafés ont investi la place ; c’est joyeux et tes amis aussi.
Et j’envoie ton visage pour que tu ne sois pas qu’un prénom.
Samedi 23 mai 2026
Jeudi 21 mai 2026
Alors la phrase apparait sur l’écran : « Dans le livre que je n’ai pas écrit il n’y avait que toi. »
Dimanche 17 mai 2026
Samedi 16 mai 2026
Vendredi 15 mai 2026
Jeudi 14 mai 2026
Samedi 9 mai 2026
Demain est peut-être ailleurs. Ailleurs c’est peut-être demain.
Vendredi 8 mai 2026
Jeudi 7 mai 2026
L’enfant, donc leur joie. Me voilà grand-oncle et témoin, dans la chambre de la maternité dont on ne donne plus le nom de maternité comme pour égarer les visiteurs, des gestes hésitant – il faut les apprendre – des rituels à venir – il faut les retenir.
Et puis je parle de toi. Je pourrais alors dire, en rebond, que tu es mon geste, pas hésitant, pas du tout hésitant, juste incertain, juste incertain comme tout inattendu, un geste fou. Allons-nous nous retenir ?
Mercredi 6 mai 2026
La chair de poule, subtile.
Mais sur scène…








































