Après avoir visité cette jolie maison, nouvelle maison, tatamis noirs et bois clairs, petits détails et grandes idées, on évoque les constructions, poussant comme des champignons, comme celle qu’il y a en face du petit restaurant qui a été sa cantine cette semaine et où le propriétaire l’a donc saluée comme il se doit en entrant. Lobby, poids des promoteurs immobiliers, faible coût, constructions modulaires, facilité d’entretien… n’explique pas totalement le fait que le laid (notion subjective, certes…) de la standardisation plastique l’emporte. Faudrait-il aller chercher du côté de l’indifférence ?
Jeudi 6 octobre 2016
Voici que je retrouve, en ce jeudi, l’usage du 50mm récupéré mardi. Il faut aller réserver un restaurant, et mon aisance linguistique, fragile, me pousse à me rendre sur place. Fermé : le petit panneau l’indique, la porte qui ne glisse pas le signale également, il est pourtant 13h30, tant pis. Je remonte, sur mon vélo et vers le nord, zeugme. Au hasard des rues, apercevant une figure étrange au bonnet rouge, c’est la curiosité qui me me fait entrer dans ce temple, devant lequel je suis passé si souvent, mais le parking qui le sépare de la rue a sans doute eu l’effet d’un repoussoir, à croire que parfois, les bizarreries ne m’intriguent pas. Le lieu est étrange, on pourrait décrire le soleil qui frappe les statues et les feuilles de lotus là-bas derrière… mais l’on s’arrêtera sur ces formes humaines, émouvantes, restes de peintures, qui ornent deux murs. Et puis, un peu plus au nord, un autre temple, propre, presque parfait, dont le calme fait oublier le bruit provenant de l’avenue ; il y a bien sûr des fleurs fanées dans le cimetière. Les deux lieux sont réunis, dans mes souvenirs encore frais de fin de journée, dans une quiétude surprenante ; et c’est peut-être d’être encore surpris qui me surprend.
Mercredi 5 octobre 2016
Et, au milieu d’une journée de travail (à faire et refaire ce que les hackers défont), un petit bijou (mais c’est mercredi, maman n’est pas joignable). http://arteradio.com/son/616550/c_est_maman
Mardi 4 octobre 2016
Osaka. Un emploi du temps enfin allégé me permet de revenir dans la cité bouillonnante pour récupérer mon objectif 50mm, joliment réparé. C’est cependant au 35mm que je regarde la ville, du moins une petite portion entre les deux gares d’Osaka et de Shin-Osaka. Entre les deux, le Yodo, fleuve imposant ici son embouchure et sa respiration au milieu de la densité. Entre les deux, une certaine banalité urbaine faite de kombinis et de camions de livraison ; il faudra errer ailleurs pour aimer cette ville. Alors aux alentours de la gare nouvelle, alentours survolés par les ronronnements des avions, je guette les salary-men en chemise blanche, les allures pressées et les contre-jours… histoire d’en aimer les images.
Lundi 3 octobre 2016
Dimanche 2 octobre 2016
Samedi 1er octobre 2016
Vendredi 30 septembre 2016
La présence d’amis permet toujours d’aller ailleurs, là où l’on ne va jamais, ou si peu. Après un passage à la VK, le petit sanctuaire là-haut est une destination inévitable : plongé au milieu de la forêt, il offre, peut-être plus que d’autres lieux, le sentiment profond de la frontière entre la ville, qu’on touchait juste avant, et la forêt… Alors, tiens, l’idée me prend de prendre ce chemin, pas emprunté depuis 5 ans, chemin qui s’avère chaotique et donc pas très adapté à ma tenue plutôt citadine ; peut-être est-ce pour cela que le randonneur me sourit tandis que je m’assure auprès de lui de la direction vers Nanzenji. La suite, c’est autant de lieux, autant de surprises (« oh mais on s’est vus là-bas », etc.), de petits moments à raconter, liste interminable noircie sur le carnet.
Jeudi 29 septembre 2016
Arcades sur Sanjo. Musique de Un homme et une femme, sans les voix, sans les chabadabada. Je viens de laisser M et P après un déjeuner épatant — retourner dans ce restaurant — et un café charmant — retourner dans ce café —, et viens d’acheter quelques cartes, graphisme délicat et simple. Soudain de dos, le sosie (vêtements et silhouette) de J, dont on avait justement évoqué le nom. Juste après la rivière est boueuse, les pluies sont si fortes depuis quelques jours, mais au bord deux jeunes femmes font des bulles de savon et je regarde la scène en pensant qu’ici il reste des plaisirs simples et légers. Au loin, les montagnes alignées en un dégradé gris-bleu magnifique, et cette couche de nuages.
Au café Bibliotik, un ginger ale, les mots que je chercher à écrire et la musique de Feist qui me fait plaisir malgré l’impression de m’être détaché de ce genre d’écoute. A côté il fume après son déjeuner, tasse à café, grosse montre, éventail sombre. Je crois qu’il pleut à nouveau.
Mardi 27 septembre 2016
Lundi 26 septembre 2016
Dimanche 25 septembre 2016
Samedi 24 septembre 2016
Vendredi 23 septembre 2016
S’octroyer une pause musicale pour partir aux antipodes, en se disant qu’il faudra y aller puisque l’on y pense depuis longtemps et en se disant qu’il faudra en savoir un peu plus sur ces 2000 réfugiés partis au Chili grâce à Pablo Neruda et dont l’histoire, au hasard d’une interrogation (parce qu’il va bien falloir le nourrir ce livre en cours), s’est affichée sur l’écran… Et découvrir la version d’origine de cette chanson, version tellement plus légère que celle de Mercedes Sosa, tant écoutée pourtant.
Jeudi 22 septembre 2016
Elle veut savoir où on achète les plantes, comment, pourquoi… Je bafouille, mon anglais se prend les pieds dans les racines… que dire ? Les interviewes ont pourtant tendance à m’amuser mais l’alignement des pots sur la terrasse ne me semble être un sujet très passionnant malgré l’intérêt que j’y porte quand il s’agit de les aligner et je n’ose pas vraiment lui dire que la sélection lors de l’achat se fait en général… sur le prix… Que dire alors ? Rien, ou si peu, et je sors, lorsque c’est approprié, une des réponses vaguement préparées (la comparaison avec les pots devant les maisons en particulier, mais je doute que ça lui fasse plus de trois lignes dans son article). Je ne te regarde pas, ou si peu, j’ai peur que, dans mon regard, tu lises mon ennui, et lorsque tu parles mon esprit facilement détourné glisse vers le photographe en me demandant ce qu’il va tirer de cette lumière grisounette…
Au moment de partir, le rédacteur en chef, plutôt assorti à la météo, nous offre le dernier numéro, spécial mode. Au fil des pages, les mannequins font tous la tête ; alors mon esprit facilement moqueur en rit.
Mercredi 21 septembre 2016
Mardi 20 septembre 2016
Alors, soudain, la pluie s’arrête. Et le vent. Je pars, pour un court instant seulement, d’une part pour prendre l’air, d’autre part parce que les vases sont moribonds, le contenu du frigo imparfait, le tofu tentant, ton retour attendu. Alors il ne faut pas oublier de regarder le ciel, sur lequel on a tant maugréé jusqu’alors, mais dont le gris se dore.
Lundi 19 septembre 2016
Sur la table basse, les lectures à venir, Faye, Del Amo, signes visibles de ton retour. Sur la table du déjeuner, des fromages, signes gustatifs de ton retour. Dans l’armoire, la valise, quelques vêtements rangés et l’odeur résistante du fromage, signe odorant de ton retour et de l’insuffisante protection d’un sac plastique.
Dimanche 18 septembre 2016
Je crois qu’il pleut vraiment.
Samedi 17 septembre 2016
« Non mais c’est fou, les gens à Paris, ils ont tous des fêtes d’anniversaire. »
La radio – à savoir France Culture – m’accompagne chaque jour en pointillés – de longs pointillés -, depuis deux ou trois semaines, en raison de tâches professionnelles le permettant, et sûrement en raison d’une envie furieuse : écouter les gens parler, apprendre sans y faire attention, oublier ce que j’entends sans m’en faire ombrage. Ainsi aura-t-on vu passer Akerman, Vecchiali, Delphine Seyrig, et même Dalida (ou toi) et tant d’autres voix parlant de choses et d’autres… et ce samedi, Mauriac, voix râpeuse et chroniqueurs précis écoutés d’une oreille tout de même un peu distraite – en raison de tâches professionnelles.
Au fait on dit comme « charrette » en japonais ?
Vendredi 16 septembre 2016
C. est arrivée un peu plus en retard que moi au lieu de rendez-vous : ayant pédalé très vite, j’avais limité les dégâts, et m’étais donc mis à l’ombre, surveillant le point prévu en sueur. Nous avons déjeuné, sur cette portion un peu ingrate de Marutamachi, dans un petit restaurant charmant et vide – l’horaire était tardif – en parlant de de choses et d’autres, puis, courtoisement poussés dehors par la patronne – l’horaire était tardif – nous sommes allés dans un café, un de ces savoureux cafés années 70 (étagère derrière le bar tout en angles ronds, lampes rigoureuses orange et noires).
Ce n’est qu’au moment de partir qu’elle me dit « oh il faut tout de même que je te raconte pourquoi je suis arrivée en retard« . Elle n’a pas le temps de donner beaucoup de détails que je la coupe : D ! C’était D ? C’était D. Mais, on n’arrive pas en retard dans ces cas-là : on revient d’un autre espace-temps.
Jeudi 15 septembre 2016
Mercredi 14 septembre 2016
Mardi 13 septembre 2016
Sortir les poubelles à 8h19 n’a rien d’agréable, ni de réellement désagréable. Ce serait même plutôt une activité neutre ; mais ici, cela permet de jeter un œil à gauche, vers les montagnes juste là, et à droite, où ce matin le mont Hiei dépasse des nuages. Mais bien sûr, entre lui et moi, il y a les toits, les fils électriques, les antennes et la difficulté d’en faire une image discrète qu’on montrerait ici.
Un peu plus tard, en passant devant le café au rideau baissé, ce café dont le nom oublié le restera à jamais, je repense aux quelques cartons posés devant, un dimanche, signe d’une fermeture définitive dont on imagina alors la raison, et je pense surtout à la dame, courbée derrière son bar, qui nous avait offert du chocolat un 14 février et que j’avais photographiée, photo volée, la dernière fois, ému de voir sa faible personne tirer de cette activité le moyen d’exister encore bel et bien. Il y avait alors, entre elle et moi, les nuages épais d’une impossible communication. Et il y avait là, suspendue, cette idée que j’avais avant de m’installer au Japon, de photographier les vieilles dames qui tiennent des cafés, signes tangibles d’une économie microscopique et d’un moyen de souder ce maillage relationnel fragile. Il y avait ce jour-là, surtout, une immense émotion, qu’aucune image discrète se saurait exprimer.
Lundi 12 septembre 2016
Dimanche 11 septembre 2016
On pourrait ajouter ci-dessous la gamme colorée et appétissante d’un restaurant d’Ohara, où nous célébrions cette date, la tienne, un peu en retard (15 minutes à peine, un peu optimiste que j’étais sur le temps pour rejoindre le village depuis la maison du samourai où j’avais donc oui pour un thé, l’amitié passant alors, dans mon esprit devant les règles locales de savoir-vivre).
Samedi 10 septembre 2016
Vendredi 9 septembre 2016
Et c’est à 15h40 que la musique, venant probablement du lycée de Takagamine, se fait entendre. Un instrumental de « The Locomotion » aux basses (poum poum poum) imposantes, air qui trotte (ou se locomotionne ?) ensuite un moment dans la tête, surgissant par exemple dans les transports en commun ou assis sur cette moquette marron qu’il faudrait vraiment changer.
Jeudi 8 septembre 2016
Tu es loin, cette distance vaguement habituelle entre Kyoto et la capitale. Les nuages et la pluie, aussi, se sont éloignés, me permettant d’enfourcher mon vélo pour aller à Kawaramachi – Marutamachi, dans ce petit magasin de chemises, où je suis sûr de te faire plaisir utilement, même si les doutes s’immiscent toujours lorsqu’il s’agit de choisir, surtout lorsque le col est à boutons.
Mercredi 7 septembre 2016
Mardi 6 septembre 2016
Passer trois heures avec Chantal Akerman. Et une heure chez Koolhass mais c’était moins émouvant. Litote.
Lundi 5 septembre 2016
Un homme tousse. Je regarde vers la rue. Homme âgé, petit, rond, casquette noire de base-ball sur la tête, chemise blanche, pantalon crème. Il tient son parapluie comme un club de golf, à l’envers, et fait de grands gestes, comme parfois le font les hommes d’un certain âge, mais plutôt secs, devant leur maison, pour s’entraîner dans leurs swings. Il avance, recommence, et puis tourne la tête. Et me voit. Me voit qui le regarde. Ciel couvert, 17h15, la petit lampe est donc allumée à côté de moi, permettant aux passants de voir l’intérieur de la pièce, et donc moi, clairement. Mais je ne sais pas s’il voit mon sourire.
Dimanche 4 septembre 2016
– T’as jamais fait des mots croisés toi…
– Non, je déteste.
Parce qu’O a pensé à nous, en nous envoyant ce lien, rappelant qu’Internet regorge de trésors, nous voilà écoutant ce que Faulkner pense du Japon, là, dehors, sous les douces – quoi que sonores – stridulations des grillons qui, petit à petit ont remplacé les cymbalisations des cigales… Grillons qui entrent allègrement dans la maison sous nos regards attentionnés, parfois suivi de gros cafards subissant de notre part une légère discrimination au faciès, virés à coup de balais afin de tester leur résistance et notre agilité.
Samedi 3 septembre 2016
Il est là-bas ; elle, initiale A, voudrait une photo avec lui, on en rit, « yes i am a fan », elle me demande si je… Lui, c’est la star, vue sur scène parmi 6 autres corps, corps sans tête, corps autres, corps déformés, corps-membres, glissant dans un magnifique environnement noir et blanc, entre ténèbres et lumières, un environnement où l’on décrirait les matières, comment elles partent, viennent et vous surprennent. Mais elle, comme moi, on n’aime pas ça, demander, demander une photo, demander un instant(ané). Et puis il parle avec K, qui l’embrasse de toute sa latinité extravertie et joviale, alors on s’approche, je me présente, il dit ah ok, et il sert la main à A ; geste tellement non japonais entre deux Japonais. Elle repartira donc avec ce souvenir d’un contact et d’une parole brève, son prénom, à peine plus, un rire évidemment.
Vendredi 2 septembre 2016
Jeudi 1er septembre 2016
Café Hashimoto. 4 clients. La grande table centrale est vide, il faut venir plus tôt pour écouter les hommes parler entre eux en lisant le journal. À côté de moi, deux femmes discutent. La soixantaine, vêtements noirs, mais l’une a des chaussettes en guipure blanche sous ses chaussures en vinyl et l’autre enfilera avant de partir un petit gilet sans manches, léger, blanc aussi. Elles boivent un thé, noir aussi, et la tranche de citron malmenée est posée sur la soucoupe de la tasse anglaise. Ce que je capte de leur conversation, au milieu de l’apprentissage de quelques kanjis, permet de réviser ses formules météorologiques (« il a l’air de faire chaud, dehors ») et capillaires lors d’une tirade où le non-verbal et les interjections de l’interlocutrice laissent à penser que la locutrice n’est pas très contente de son dernier passage chez le coiffeur – qui a tout de même dû lui prendre plusieurs milliers de yens et deux bonnes heures de son temps.
Quelques minutes plus tard, les femmes qui les remplacent sont d’une autre classe sociale, vêtements non coordonnés, coiffure désordonnée, teinture oubliée. Sans s’en plaindre.
Mercredi 31 août 2016
– Tu as vu les films Alien ?
– Heu… j’crois pas… c’est celui qui dit « Maison maison » ?
Mais c’est Godzilla que nous étions allés voir, 『シン・ゴジラ』oui oui oui, ben non sans sous-titres, et sans rien comprendre, si ce n’est que pendant les réunions de crise au Japon ça beaucoup et très vite. Et les courgettes étaient énormes, mais ça n’a rien à voir.
Mardi 30 août 2016
Elle est en train de déposer deux sacs poubelles jaunes – c’est mardi. J’apporte le mien. Un bonjour, un excusez-moi, et elle passe au temps qu’il fait – beau – et à mon niveau de japonais – bon, d’après elle. La conversation qui suit est relativement courte – le peu de temps que je passe par jour à faire du japonais, mon travail, le tien – mais est une petite révolution, puisque après deux ans et deux mois de voisinage, cela ne s’était jamais produit, en raison des relations de voisinage au Japon, de notre niveau linguistique et du fait que l’on n’avait jamais déposé nos poubelles en même temps. La voir de si près me permet de définir un peu plus précisément sa tranche d’âge – 65 ans ? – et de confirmer qu’elle est plus souriante que son mari, même si elle hoche régulièrement la tête à travers la vitre de sa Mercedes lorsqu’elle la gare en marche arrière, glissant la berline dans le petit espace comme le font si bien les Japonais devant leur maison.
Et à propos de locomotion, un petit moment dans le bus :
Lundi 29 août 2016
9h15. Elle court. Le bruit de ses talons apparaît avant sa silhouette à travers les vitres et cette grille légère qui nous sépare de la rie. Puis elle change de rythme. Moi aussi, reprenant celui des jours de travail.
Dimanche 28 août 2016
Samedi 27 août 2016
– On a cuisiné quoi, la dernière fois qu’ils sont venus ?
– Heu… la même chose je crois. Mais ils ont beaucoup aimé.
Vendredi 26 août 2016
Regarder la quantité d’images. Procrastiner.
Jeudi 25 août 2016
21h03. Le train entre en gare de Kyoto. Un train de sénateur, comme dirait La Fontaine, après le départ de Yonago à 11h37 et 6 changements.
Il faudrait raconter les 8 jours précédents, Hamasaka, Matsue, Izumo, Hagi, Yonago, décrits dans un carnet bariolé, le tout entrecoupé des paysages aperçus, doucement, au petit rythme des petits trains locaux.
Mercredi 17 août 2016
Les jours passés sont muets, accumulés, comme les images. Les jours à venir seront muets, bercés par le tatam-tatoum (ou le dosdeskaden) des petits trains locaux dont les lignes frôlent la mer. また らいしゅう!
Mardi 16 août 2016
Lundi 15 août 2016
Dimanche 14 août 2016
Samedi 13 août 2016
Vendredi 12 août 2016
Dans sa chemise hawaïenne, il n’a évidemment pas l’aspect habituel des salary-men. Mais l’agence de voyage offre de la liberté aussi à ses employés, qui nagent de surcroît dans une ambiance musicale de circonstance. Cela n’empêche pas, pour autant, un peu de stress, surtout lorsque nous lui demandons un ticket dont il ignore tout.
Jeudi 11 août 2016
Mercredi 10 août 2016
Elle avait demandé à J ce qu’il pensait de Joël Collado, et pourquoi Laure Adler portait des lunettes de soleil le jour où… Elle avait aussi parlé de sa vision de ce pays, ce Japon qui, pour nous, passe à travers de nombreux filtres, dont celui de la langue, même si nos lectures et nos échanges avec ses habitants nous permettent d’en connaître certaines « particularités ». Elle avait alors imité la voix qu’elle prenait lorsqu’elle travaillait au rayon « spécialisé » d’un vidéo-club… Mais au moment d’appeler un taxi, la voix n’est pas celle, doucereuse, modulée, et encore moins haut-perchée, qu’une femme japonaise emploie habituellement quand elle veut rentrer chez elle. On y entendrait presque du français, on y remarque en tout cas quelque chose d’abrupte.
Mardi 9 août 2016
Lundi 8 août 2016
Dimanche 7 août 2016
Donc :
– mini-clafoutis aux courgettes ;
– soupe de tomates froide ;
– soufflé aux asperges ;
– calamars à l’armoricaine ;
– tarte tatin.
Samedi 6 août 2016
Hier, nous discutions avec S, au hasard de sujets virevoltant comme virevoltent les discussions lors des soirées à la VK, nous discutions de folklore, ou plutôt nous discutions de la présence de traditions « ancestrales » ici au Japon, et de notre regard sur cela, notre regard personnel se posant plutôt sur le spectateur du-dit folklore que sur ce monde dont la sincérité est parfois contestée ou contestable. Le folklore, pour moi, ce fut dès 8 ans quelques danses landaises dans une salle des fêtes de Village Vacances Famille : un groupe de personnes sautant sur des échasses au rythme de je ne sais quels instruments locaux. J’étais alors déjà plutôt curieux, je crois, et si je regardais cela avec un certain étonnement, je crois que j’inspectais surtout cette agitation costumée avec un certain intérêt : je regardais mes semblables… C’est en tout cas l’impression / le souvenir que j’en ai, des décennies plus tard. Bref, sayonara les Landes, nous voici ce soir dans le sanctuaire Imamiya, dans notre quartier, pour une fête, abandonnée depuis 20 ans, et reprise cette année (différemment, enfin bon peu importe…). A cheval entre une « simple » célébration shintoïste et une fête de quartier, ce moment nous ancrait, une fois de plus, dans le sentiment agréable d’être ici, et de faire partie du quartier, nous, malgré tout. Et, cette question du « folklore », je l’oubliais un peu en buvant la deuxième coupe de saké…
(Pour la version longue, ajouter la baignade à Ohara avec les amis et les enfants rieurs)
Vendredi 5 août 2016
Là-bas, derrière moi, des cris d’enfants en rouge et blanc, stade de base-ball. Ici, le parc d’un quartier pris au hasard sur la loop-line d’Osaka, où je grignote vite fait quelques sushis en me demandant pourquoi je n’ai pas fait une petite pause dans la fraîcheur climatisée d’un boui-boui quelconque. Osaka. Destination plutôt rare, surtout seul, qui m’a accueilli ce matin dans le terrifiant brouhaha des travaux au sud de la gare et dans le bruit d’un garçon aspirant avec sa paille le fond de son caffé-latte tandis que j’attendais S qui, une fois de plus, allait me rendre un service immense en faisant le traducteur chez Nikon, où j’allais donc abandonner mon appareil photo pour quelques heures, le temps de prendre la loop-line, donc, et de m’arrêter au hasard, donc, dans ce quartier sans âme, où courent, donc, tout de même, quelques enfants. Un petit tour et je repars, mais attiré par un passage commerçant, je m’engouffre… et découvre un dédale de petites rues bordées de minuscules échoppes, où la sécurité électrique semble autant à désirer que l’hygiène, l’ensemble générant un aspect charmant et photogénique, donc une certaine frustration pour le photographe sans appareil – mais avec un téléphone permettant tout juste de rapporter quelques souvenirs visuels sans importance.
Et puis le soir, lire cela sur FB :
Il fait beau. Quand on va assez loin en promenade dans la matinée ou dans l’après-midi, on arrive à un endroit où, pendant un moment, on est malgré tout encore content de vivre.
Walter Benjamin
Aimer la coïncidence.
Jeudi 4 août 2016
Instrumental de How deep is your love, et si je pouvais en sourire je sourirais, mais le dentiste préfère que je garde la bouche grande ouverte parce que c’est plutôt « How deep is your dental problem« . C’est donc la mâchoire engourdie que je passe un court moment au sport pour filer ensuite, suffisamment dé(sen)gourdi(e), à notre déjeuner avec J.R., dans ce lieu dont tu m’avais dit le plus grand bien ; regrets d’alors.
Mercredi 3 août 2016
Mardi 2 août 2016
Café Bibliotik. Brownie, grammaire et ginger ale en attendant (toi / lui / le rendez-vous). La musique est des années 80, souvenirs d’années de collégien avec ces chansons de Sting qui tournaient en 33 tours et je me demande si le garçon là-bas ne pourrait pas être celui que l’on doit rencontrer. Mais non, me dit-il. Et puis le voilà, lui, jovial, me confondant avec quelqu’un probablement car il m’embrasse – « le bisou », dit-il, imaginez-vous ? – et malgré mon grand étonnement je ne dis rien, je fais comme si, j’imagine peut-être inconsciemment le mettre dans l’embarras, mais c’est idiot, il vient de s’y mettre. Moi qui l’avait trouvé trop familier par courriel, voilà l’acmé de cette familiarité, dû peut-être à l’absence de certains codes – son bon niveau en français ayant été acquis en France avec une petite amie locale – ou dû à une jeunesse d’esprit… Acmé juvénile.
Lundi 1er août 2016
Être à Kyoto, venir à Kyoto, c’est une évidence, une habitude, une nécessité pour un bon nombre de nos amis. Parfois, même, en France, ils sont nos voisins. Ils étaient nos voisins, devrais-je dire, tellement l’idée de vivre ici est ancrée – j’allais écrire encrée – pour moi. Pourtant le présent d’une géographie française subsiste. Bref, les amis-voisins sont de retour et nous déjeunons – attention, zeugma – dans la joie et ce petit restaurant dont le bananier tend à lui donner, en plus de son appellation étranger (un truc du genre « café Hello bibliotik »), le nom de « banana café ». Alors au banana café,
Et puis lire Annie Ernaux et tiquer sur une phrase ou deux, une généralité un peu trop appuyée par exemple.



















































































































