Le voici, fatigué, qui s’assied sur la chaise pliante rouge. Nous avons parfois eu des échanges personnels, ça intervenait comme ça, le mot confiance, empathie, simplicité, je ne sais pas. C’est assez rare au travail, c’est précieux quand cela arrive, car j’ai parfois l’impression d’être dans un océan, emporté, houle, pas de rivage, sauf la solidarité sans faille avec mes collègues de bureau et nos rires et souvent je parle trop. Il est là, sur la chaise, moi sur mon fauteuil de bureau et donc bien sûr je gigote, on parle de quoi ? de livres, il s’étonne que j’arrive à écrire. Oui, écrire c’est pour moi un espace où plus rien n’existe autour. Je lui dis avec d’autre mots, hyper focus, comme une formule magique.
C’est le dernier jour mais ce n’est pas le dernier jour, il reste quelques miettes à balayer pour partir tranquille, ce sera demain ou lundi, c’est aussi bien ainsi. Il y a les messages de dernière minute, ceux qui attendaient dans la houle, mais qu’attendaient-ils ? Un répit, un sentiment d’urgence, cette petite honte d’avoir tardé ou simplement le temps nécessaire pour réfléchir, préciser, organiser, demander, savoir, proposer ?
C’est le dernier jour et surtout il faut voir l’horizon dans tout ce qu’il a d’immense, sans trop perdre de vue ce qu’il y a devant. Alors j’élargis mon regard, juste un peu, sans doute comme il faut — 40mm, f/2. Plus légers le sac, l’esprit.