Dimanche 28 décembre 2025

Comme hier, nous regardons le jour arriver. Puis nous partons randonner. Le parcours du jour porte le nom de l’arbre. C’est le nom du fils des fondateurs du lieu, il est mort en 2002.

Il faudra que je précise où je suis. Toi qui lis ces mots, sans doute tu ne sais pas.

Au loin le mur encore, au-dessus les vautours, majestueux, portés par le vent, le 40mm n’est pas idéal pour capter leur silhouette quand le soleil s’y heurte. Arrivés au pied de l’arbre, je cherche quoi faire de son nom, de ses écorces, d’un contre-jour qui le ferait ombre, de la lumière qui le frappe au matin. Selon où l’on se trouve, dans le Ranch, dans la vallée, il domaine l’horizon. C’est une présence.

En prenant la pierre en photo dans la terre ocre, encore plus ocre dans le soleil levant, je n’ose pas te dire que j’ai pour projet photo, ici, quelque chose qui s’appellerait “Le désert jusqu’au rien”. Je ne sais pas si verbe « oser » convient. J’ai quelque part peur de ne pas savoir quoi dire de plus, surtout dans une autre langue que la mienne. Je n’aime pas ces silences qui viennent de moi. Je ne sais pas exactement d’où ils viennent. J’ai peur de ce que cache ce rien alors qu’il n’est qu’une une référence durassienne, une sonorité qui me poursuit, la recherche d’une radicalité stylistique.

Retour. Petit-déjeuner. Chaque jour je rencontre de nouveaux visages. Chaque jour tu leur offres une casquette, c’est Noël, encore, encore. Aujourd’hui, Milagros. Elle me dit que le Ranch, ce n’est pas le Mexique. Je sais, mais il est important de l’entendre ; je pourrais tomber dans le piège, réduire le pays et ses milliers de km en cet espace fermé. Il y a aussi Kelly. Elle est censée garder Rita à partir d’aujourd’hui. Mais tu as compris que j’aimerais qu’elle reste avec nous. J’aime ses pitreries. Tu te ravises.