Samedi 31 janvier 2026

Viens, on va dans un café, on s’installe à une table et on ne prononce aucun mot. On se dévisage, on s’exprime avec nos gestes, nos regards, nos sourires… Et ce n’est qu’au bout d’un certain temps, si on le veut, bien sûr, que l’on s’adresse la première parole. Ou que l’on se quitte, sans connaître la voix de l’autre.
::: Ruslan Hordiienko ; Enfin silence

Je retrouve cette folie exaltante du presque trop. Deux rencontres littéraires, un projet de lecture à voix haute pour le 21 mars avec Sylvie, un dîner avec Parthiban. Le dîner est indien, il a fallu marcher sous la pluie, c’était ainsi aujourd’hui, le temps gris comme mon parapluie, et puis c’est devenu bruyant, le resto, il fallait parler fort parce que tout le monde parlait fort, je tendais l’oreille en grimaçant, et plus tard dans le bar encore un peu. Dans le bar il y avait celui dont j’ai oublié le prénom, souvenir unique et âpre, c’est l’adjectif qui me vient sans qu’il convienne, et derrière le sourire du serveur qui salue vos habitudes d’être là parfois.

Le trop ce sont aussi les livres, celui d’Annie Ernaux que je rachète car ce serait bien le 21 mars et je ne sais pas où il est, et puis celui avec le mot silence, parce qu’il y a l’idée farfelue du narrateur. Je te raconte cela, tu ris et je ris aussi. Nous savons encore rire, de nous notamment.