Vendredi 13 février 2026

Nuit déjà, je pars du travail enfin, 19h25. Les musiques proposées par l’application au logo rouge ne sont ni mauvaises ni… mauvaises, les musiques passent, je tiens quelques secondes et je passe à la suivante. Jusqu’à Bjork : jusqu’aux premières notes de Bachelorette. La musique pop ça pouvait être ça autrefois, et si ça l’est encore aujourd’hui, je l’ignore. Ou bien peut-être que je m’en fiche, moins curieux, las.

A l’époque c’était différent. On ne zappait pas d’un titre à l’autre, on chérissait nos découvertes, ça demandait du temps de trouver des pépites, il fallait aller chez les disquaires, flairer le truc, écouter Bernard Lenoir et on faisait des cassettes avec des musiques dont parfois on ignorait qui chantait. Par exemple, sur l’une des miennes, il y avait un morceau qui faisait « tiouli tioula ».

Bjork revient alors dans ma mémoire, ainsi, dans un soir qui enfin ne pleut pas. Je me rappelle les amis de la fac qui se moquaient de mon poster gigantesque de Debut, le premier album de Bjork, c’était trop pop, trop dansant, quelque chose du genre, cette musique, alors que pour moi c’était immense et j’avais 19 ans. Quelque part, sans doute qu’elle me ressemblait, cette musique, elle m’allait bien. Je ne sais pas vraiment. Deux ans plus tard, album suivant, il y aura le morceau Hyper-ballad, qui restera indépassable. J’ai ensuite, petit à petit, arrêté de m’intéresser à ses musiques. Mais il restait ça, tout le temps, dans un coin de ma tête, les paroles d’Hyper-ballad, et leur petit folie ordinaire.

On vit sur sur une montagne
Tout en haut
Il y a une vue superbe
Du haut de la montagne
Tous les matins je marche au bord du précipice
Et je jette de petites choses
Comme des pièces d’automobiles, des bouteilles et des couteaux
Ou tout ce que je trouve autour
C’est devenu une habitude
Une façon de commencer la journée