C’est peut-être cela, qu’il faudrait raconter, ce sentiment confus, entre l’avalanche et le brouillard ; par moments ça rend tout impossible. C’est peut-être ça les mots qu’il faudrait cracher. C’est peut-être sur le présent empêtré qu’il me faudrait écrire, à la troisième personne. Ça s’appellerait comment ?
C’est aussi peut-être pour ça que j’écris : pour respirer au milieu de l’océan. Pour les îles. C’est parfois calme l’océan mais ça reste un océan, impossible à traverser, et puis parfois c’est la houle. Parfois aussi on se croit près du rivage et on se noie malgré tout ou l’on se fracasse. C’est aussi peut-être pour ça que j’écris : pour pondre des métaphores parfois un peu faciles.
Je note. Je note sur un fichier Google Drive. Je note pour ne pas oublier, pour savoir donner des indications. Depuis le 27 août, il y a deux colonnes.
Parfois, même ça c’est impossible, noter. Presque tout le temps, c’est impossible. C’est plus simple de dire les silences et l’horizon en faisant glisser des phrases qui sortent du bout des doigts, comme ça, parce qu’elles sonnent.
Parfois je me dis que c’est une posture ou une imposture.
Parfois, au milieu de toutes mes idées, au milieu du fourmillement, je me dis que c’est peut-être en images que je devrais essayer d’exprimer tout ça. Une idée de plus, comme ça ne suffisait pas.