Lundi 30 mars 2026

Nuit. J’ai dit à S, quelques minutes plus tôt, que j’allais lire, dans mon lit. Je suis donc dans mon lit, oh cela n’a pas été si rapide que ça, dans ma tête il y a eu moult aller-retours et combats tergiversations hésitations action 1 action 2 action 3, prendre un truc, le reposer, arroser les plantes, chercher mon téléphone, le retrouver sous un livre, ramasser une fringue par terre, regarder la cuisine, soupirer.

Donc je lis le livre de Patrice Salsa. Je le lis et je ne le lis pas. Je pense à tous les autres livres que j’ai envie de lire – de relire ou de commencer. Depuis hier il y en a douze nouveaux. Douze. C’est fou. Dans ma tête aussi. Je me dis aussi en même temps que j’ai envie d’écrire, finir le livre sur Antonio, écrire les textes que je n’ai jamais écrits, celui sur l’année 2024, celui sur l’année 2025, celui sur le Mexique, celui sur moi, celui sur rien, celui sur vous, celui sur les cachets du matin, et puis les livres de photos, maquette 1 maquette 2 maquette 3 maquette X, une nouvelle idée par minute ou par jour, ça dépend, même ça je n’arrive pas à savoir. J’ai envie d’écrire sur ma solitude, mes joies, l’absence, les visages, l’interdit, le plaisir, la folie, sur ce qui m’empêche de me coucher tôt, il faudrait que je dorme et je ne dors pas, ça pourrait s’appeler Fonctions exécutives, jusqu’au fond de mon lit dans ma tête c’est Star Wars.

Il y a aussi la maquette pour l’expo, la vidéo « Dire le Japon », les montages vidéo peut-être pour l’expo, les sauvegardes de photo, j’ai peur de compléter cette liste-là c’est une avalanche. Une avalanche indispensable.

Je ne suis pas allé vider les poubelles je n’ai pas fait la vaisselle je n’ai pas repassé je n’ai pas lavé mon foulard que je portais aujourd’hui qui ne sentait pas très bon je n’ai pas fait la poussière je n’ai pas rangé la table du salon je n’ai pas vidé le lave-vaisselle je n’ai pas fait une machine de linge sale je n’ai pas écrit à mon éditeur je n’ai pas faire le programme de la semaine je n’ai pas rangé mon bureau je n’ai pas écrit au psychiatre pour décaler mon rendez-vous, je n’ai pas réfléchi au titre de la photo achetée ou de la série, je n’ai pas regardé les annonces pour un appartement.