Jeudi 2 avril 2026

Je rentre.

Il y a eu Michel Jullien qui parlait des livres, puis il y a eu les images magnifiques de Raul Moreno à la galerie MAP, il y a eu des gens formidables, j’ai parlé italien, et puis Sylvain m’a entraîné à l’atelier Cambium où il y avait un autre vernissage et le hasard de retrouver l’employé du labo photo vu lundi et donc de découvrir son nom et son travail tellement… quoi ? Indispensable ? C’était une soirée tellement jolie que je pourrais tout raconter dans un élan, les noirs et blancs et les rouge sang, les vidéos, c’était tellement bien et j’étais tellement bien. Tellement bien. Ça gommait les mots grisâtres écrits à David un peu avant 14h dans le tram.

Et puis donc je rentre.

Il y a un homme qui marche dans la rue Armand Miqueu, il tient un ballon rose, il traine des pieds. Ce pourrait faire une belle photo, mais il fait sombre, et j’ai peur qu’il entende le « clic ». Je passe à côté de lui, il me demande « Vous allez bien Monsieur ? « , je lui réponds oui merci, je lui demande si lui ça va mais lui, il est tout l’opposé de son ballon rose, il est triste, son costume est sale, je ne sais pas s’il est saoul ou fatigué. Il pourrait s’appeler Peine. Deux autres phrases et puis « La vie est belle », dit-il.

Je rentre. Tard, il y a une chanson que je ne connaissais pas.

Il y a si peu de temps,
Entre vivre et mourir,
Qu’il faudrait bien pourtant,
S’arrêter de courir,

Toi que j’ai souvent cherché,
A travers d’autres regards,
Et si l’on s’était trouvés,
Et qu’il ne soit pas trop tard,
Pour le temps qui me reste à vivre,
Stopperais-tu ta vie ivre,
Pour pouvoir vivre avec moi,
Sur ton île aux mimosas,
Et comme deux chevaux,
Courant dans la prairie,
Et comme deux oiseaux,
Volant vers l’infini,
Et comme deux ruisseaux,
Cherchant le même lit,
Nous irions dans le temps,
Droits comme des roseaux,
Quand sous le poids des ans,
Nous courberions le dos,
Ce serait pour mieux boire,
Ensemble à la même eau,

Et si tu m’avais cherchée,
De soir en soir, de bar en bar,
Imagine que tu m’aies trouvée,
Et qu’il ne soit pas trop tard,
Pour le temps qu’il me reste à vivre,
J’amarrerais mon piano ivre,
Pour pouvoir vivre avec toi,
Sur ton île aux mimosas,
Nous aurions la fierté,
Des tours de cathédrales,
Et nous serions plus près,
Du ciel et des étoiles,
Nous saurions le secret,
Des aurores boréales,
Il y a si peu de temps,
Entre vivre et mourir,
Qu’il faudrait bien pourtant,
S’arrêter de courir,
Et prendre un peu de temps,
De voir les fleurs s’ouvrir,
De voir les fleurs s’ouvrir,

Toi que j’ai souvent cherché,
A travers d’autres regards,
Et si l’on s’était trouvés,
Et qu’il ne soit pas trop tard…

::: Barbare, L’île aux mimosas