Je marmonne des mots de bien-être dans ma barbe. Personne ne m’entend : j’habite seul, à la lisière d’une forêt, là-haut dans le grand froid. J’habite seul, mais je ne me sens pas seul, enfin, pas vraiment ; je veux dire, je suis bien seul. Et je n’étais pas si seul que ça. Il y a avait ces oiseaux, ces sangliers, ces taupes, ces fourmis et ces mouches.
::: Benjamin Haenel ; Tryggve Kottar ; éditions du chemin du fer
