Je m’apprête à écrire à Christian ; nous arrivons à Aix. Je veux faire signe, dire je suis là où il s’est installé tandis que moi c’était Bordeaux, 2018, chacun son sud. Mais c’est lui qui m’envoie un message : il vient d’apprendre la mort de Vincent Dieutre. La tristesse de son message s’allonge et se tait dans des points de suspension.
Je suis ému. Ému pour lui, ému pour ses amis. Ému pour le cinéma, le visage dans un train, du Schubert, par exemple. Ému par le passé qui remonte, une photo faite de lui à la Charité-sur-Loire, par exemple. Vincent c’est aussi une affiche faite pour un de ses films, L’inséparé(e), et, récemment retrouvés, des croquis pour celle-ci ; traces. C’est loin. C’est autrefois.
