Toujours, c’est pareil, il y a un long silence entre le moment où je franchis la porte et celui où il finit de parcourir les dernières notes de mon dossier, et puis il lève la tête, et le silence continue un peu. Certes, je ne vois pas trop comment il pourrait en être autrement. Cette fois il a 50 minutes de retard.
Alors ?, dit-il. La dernière fois, c’était deux jours avant un entretien.
Mais surtout je lui parle de nous. Je lui parle de moi avec toi, de toi avec moi, de nous avec nous. Nous/noue, verbe nouer, c’était Marielle Macé qui avait écrit quelque chose du genre, non ?
Il commente à peine, l’air presque surpris, mais content pour moi. Ou plutôt il demande, reformule et ainsi confirme. Souvent il n’articule pas ou il parle trop vite. Souvent je pense trop à ce que je dois lui dire pour l’écouter vraiment.
Et le traitement ? Je ne sais pas.