Dimanche 13 septembre 2026

13h45. J’attends Julien. Il est en retard mais j’ai le temps. Il est en retard mais je veux attendre. Ne rien faire. Penser. Regarder les passants. Respirer encore un peu ce coin de ville que je quitterai bientôt. Deux ans, déjà, qu’on ne s’est pas vus. C’était l’été. Alors on en parle, des trois jours passés là-bas et des deux ans passés depuis. Bien sûr on parle beaucoup d’aujourd’hui et de demain.

18h30. Maison, les cartons alignés, les livres qu’il faut y mettre ou pas, les archives et les paperasses, déchirées ou mises de côté. Les hésitations sont rares. Je balance ou je garde. Je garde ici ou je garde là-bas. Les hésitations sont rares parce que parfois je n’hésite pas à dire « Je déciderai plus tard. » Il y a aussi des petits bouts de papier, des petits objets, des petits trucs, des petits souvenirs. Trop.

J’attends novembre pour oublier le mot Trop. J’attends novembre pour aller ailleurs, dans l’écriture et dans un autre pays. J’attends novembre pour être avec toi, entièrement, oui c’est ça, être entièrement deux et avec moi il y aura aussi les mots que j’écrirai et mes livres sur une étagère. Nous nous aimerons ; vouloir est notre verbe.