Son collègue, chauve, placé à sa gauche et enfin disponible, vient à sa rescousse. Avec ses rudiments d’anglais, il espère que cela facilitera nos échanges, mais d’une part il trouve vraiment compliqué que deux hommes puissent être mariés et d’autre part son accent lui fait prononcer un « databeuze » que je ne comprends pas. Il répète, finit par écrire « Date of bir… » et je le coupe en riant et lui disant que ok ok j’ai compris. Il repart penaud, appelé par un autre administré, et sa collègue et moi terminons ces démarches avec toute la patience nécessaire et surtout, de sa part, avec un phrasé lent et articulé indispensable.
Passant du coq à l’âne et d’une carte à l’autre, nous voici, cette fois toi et moi, au comptoir du loueur de vidéos. Le remplissage du formulaire se fait plus simplement, même si je ne saurai jamais pourquoi elle m’a demandé qui était le plus jeune de nous deux d’une manière telle que j’ai cru que cela avait son importance dans l’inscription… alors que cela n’en avait évidemment pas et qu’elle devait demander cela par sympathie, genre pour détendre l’atmosphère qui n’était pas tendue sauf peut-être de leur côté du comptoir, désarçonnées de ne pas être comprises à cause de cette fichue manie de ne pas aller à l’essentiel.
Et nous voilà donc, le soir, pour notre première séance de découverte du cinéma contemporain japonais, regardant… heu… ça :『小野寺の弟・小野寺の姉』

