Olivier-Georges marche depuis peu, hésite encore, frôle la chute à chaque pas. Il babille, articule parfois de manière compréhensible le nom de ce qu’il montre, oiseaux, chemin, herbe, sable, caillou, arbre, maman, et bredouille assez mal le prénom de sa sœur, quelque chose comme Cliva. C’est un enfant à la lisière du langage.
Puis soudain il devient livide, d’une raideur de tronc. Sa voix saute de l’aigu au grave, s’éraille, d’un coup paraît gonflée de glaires. Un discours franc jaillit alors de sa gorge, un discours que l’on pourrait croire préparé de longue date et souvent répété, des mots précis, affûtés, des phrases amples aux rythmes étranges.
::: Christophe Ségas ; Vie d’O.-G. Gaillard ; édition du Chemin de fer.
