Archives nationales. J’ouvre enfin, fébrile, la lourde boîte grise extraite du fichier central de la Sûreté nationale constitué entre 1870 et 1940. Elle est cotée 19940472/198 et contient environ 120 chemises cartonnées beige dont trois – les dossiers 17937, 17938 et 17940 – correspondent au nom d’Antonio Rodriguez et à l’année 1939. Mais nulle trace de mon grand-père : ce sont Antonio Rodriguez né le 31 mai 1904 à Salamaca del Real, Antonio Rodriguez né le 13 février 1910 à Santander et Antonio Rodriguez né le 12 octobre 1901 à La Peza. C’est ainsi. Ce sont d’autres.
Et toi aussi tu reviens d’autrefois et nous devenons autres.
