Dimanche 26 février 2023

C’est un premier visage connu, très très connu puisque vu chaque jour au travail, accompagné de cette fille qui elle, vaguement, me dit quelque chose. Elle est, elle aussi, peut-être, de cette communauté vaste de plus de 750 personnes pour laquelle je travaille. Un autre visage connu, très très connu (puisque etc.), suivra, puis deux, puis deux encore, descendant aussi au sous-sol de la pizzeria où nous dînons, P et moi. Je les salue, dans une langue ou une autre, glisse dans un demi-rire que ça se passe downstairs, leur visage s’étonne en me voyant. Il y a une salle, 18 places, et des formules pizzas et vin rouge, me dit la serveuse. Ils sont tous de cette jeunesse doctorante qui anime régulièrement de rires l’espace restauration où parfois je déjeune seul parce que c’est bien ainsi. La communauté aussi, certains l’animent de leurs articles, ils sont brillants, jeunes, il y a des couples d’amoureux, et tout ça vibre, réjouissant.

Lundi 20 février 2023

Un marais n’est pas un marécage. Le marais, c’est un espace de lumière, où l’herbe pousse dans l’eau, et l’eau se déverse dans le ciel. Des ruisseaux paresseux charrient le disque du soleil jusqu’à la mer, et des échassiers s’en envolent avec une grâce inattendue — comme s’ils n’étaient pas faits pour rejoindre les airs — dans le vacarme d’un millier d’oies des neiges.
Puis, à l’intérieur du marais, çà et là, de vrais marécages se forment dans les tourbières peu profondes, enfouis dans la chaleur moite des forêts. Parce qu’elle a absorbé toute la lumière dans sa gorge fangeuse, l’eau des marécages est sombre et stagnante. Même l’activité des vers de terre paraît moins nocturne dans ces lieux reculés. On entend quelques bruits, bien sûr, mais comparé au marais, le marécage est silencieux parce que c’est au cœur des cellules que se produit le travail de désagrégation. La vie se décompose, elle se putréfie, et elle redevient humus : une saisissante tourbière de mort qui engendre la vie.
::: Delia Owens ; Là où chantent les écrevisses

Samedi 18 février 2023

Tu es un visage connu mais disparu des écrans. Depuis quand ? Quelques mois ? Tu es parmi tous ceux qui sont restés coincés dans ces formules du type « On se voit bientôt ? » et puis tu es là. Enfin pourrais-je ajouter. Tu es avec D, je vous souris. J’ai hésité à venir, pourtant.

Mardi 14 février 2023

Quand j’en arrive aux notes prises lors de relectures antérieures – je relis, je note ce que m’évoque ma relecture, je recopie des fragments, je fais les mêmes constats et prends les mêmes résolutions , dont celle d’arrêter de me relie -, je me retrouve entre deux miroirs en vis-à-vis, face au vertige d’un gouffre sans fond.
::: Bruno Pellogrino ; Tortues

Samedi 11 février 2023

Il dort sur le banc. Elle ne bouge pas, son corps est vissé sur la chaise, les filles et Gilles sont dans la cour. Ils sont sortis aussitôt après avoir mangé, ils savent qu’il ne faut pas faire de bruit quand il dort sur le banc.
::: Marie-Hélène Lafon ; Les Sources

Tu dis « Je vais partir de Bordeaux » comme si tu avais senti immédiatement qu’il y avait un possible. Tu l’as déjà dit un peu plus tôt, dans le brouhaha joyeux où nous sommes peu à danser. Toi tu ne danses pas. Tu le redis, tu vas partir de Bordeaux, tu as beaucoup bu, tu as l’alcool fragile et audacieux, et ce qu’il reste de vodka dont la bouteille restera au bar avec ton prénom dessus : F.

Mardi 7 février 2023

Je n’ai aucun souvenir de ce voyage. Même ce moment de l’annonce, je le reconstitue. Je dis mes parents un soir, c’était peut-être ma mère un matin. Il me reste à peine de très, très vagues impressions –  une sorte de marché dans une rue d’Istanbul. Légumes dans des caisses en plastique, édifice en contre-plongée, la rue est en pente et c’est tout, et je ne veux pas décrire davantage parce que déjà je déforme.
::: Bruno Pellegrino ; Tortues

Je dis à J que je n’écris plus ici. Je ne dis pas tout à fait pourquoi, peut-être parce que je n’arrive pas plus à dire qu’à écrire, dans une forme d’épuisement né des journées, à peu près de 9h30 à 18h, du lundi au mercredi, où je donne beaucoup, du coq à l’âne via d’autres bestioles, plutôt des souris, parfois des têtards, et puis il y a les singes. Hier un ambassadeur, même si j’ai fait peu présence.

Et puis, je crois que je laisse le silence s’installer ici comme il s’installe avec T. Je crois que ce qu’il y a à dire n’a pas la joliesse que j’attends. L’état amoureux est, ici, indicible : absent. Sans doute le reste n’a pas beaucoup d’importance, même si jusqu’alors, ou pendant longtemps, c’est le peu – le reste – dont j’ai témoigné. Peut-être que le peu a pris trop de place. Peut-être que faute d’un Autre, faute d’un état amoureux, je me contente des images, des films et des livres et laisse planer l’indicible de ceux qui passent.

Et puis tout simplement, c’est bien de souffler un peu.

Alors silence.

Samedi 28 janvier 2023

C’était lui la musique, ici. Papa, c’était lui qui en mettait. Ce sont des souvenirs de dimanche matin dans la rue Charles Gide, ou de samedi soir ici. Maman prend le relais, ce matin, la musique c’est elle aujourd’hui, dehors il y a un ciel bas d’hiver, et nous devrions compter les oiseaux. Elle met ce disque de Gautier Capuçon qu’elle m’a demandé. Elle dit qu’il est beau ; elle ne savait pas qu’elle aimait le violoncelle.

C’était lui et il reste les disques. Tant ! Dans une caisse en bois, il y a ses 45 tours, intervenus hier dans la conversation. Sur chacun, il y a son nom, au marqueur noir – l’odeur me vient en mémoire – et en lettres majuscules. Parfois son prénom aussi, Ramon, ici en bleu, immense sur le verso.

Mercredi 25 janvier 2023

« Le filet de la douche était maigre et peu aimable« , lis-je dans une lettre de Guibert. Les mots décrivent la réalité du matin, je les note dans un tramway qui n’avance pas, mais à l’horizon nul temple égyptien, nul pharaon, nulle felouque sur sur un ciel bleu, nul ailleurs rêvé.

Mardi 24 janvier 2023

Mon Eugène,
La visite du grand musée du Caire m’a rappelé à toi. On me l’avait décrit, il est apparu différent. Depuis que ta médaille est sur mon torse, ce n’est plus avec tourment que je pense à toi. Ma mère a porté longtemps une croix Vitafor, dont elle avait vu une réclame dans un journal de bonnes femmes, cette vilaine petit croix carrée devait lui apporter réussite et prospérité, au bout du temps elle n’a fait que rogner un peu de cette chair où elle était posée. Que va provoquer ta médaille puisque j’ai décidé – peut-être devrais-je me renier – qu’elle parera mon cadavre ? Le grand musée du Caire, bien sûr, évoque la mort.
::: Hervé Guibert, Lettres d’Égypte

::: Le Géant de fer ; Brad Bird, 1999
::: Le Géant de fer ; Brad Bird, 1999

Vendredi 20 janvier 2023

Saint-Augustin. Voilà F qui me parle en descendant du tram, il se dit bouleversé. Il n’imaginait son père mortel, mais le voici atteint. Il se confie, il sort de l’hôpital, je suis la première personne qu’il connait et qu’il voit, alors faisant fi de cette distance qui souvent s’impose dans les relations professionnelles lorsqu’on se connait peu, c’est à moi qu’il dit le glioblastome de son père, ses émotions, la peur, ce qu’il cache à ses enfants, les traitements.

Porte de Bourgogne. Voilà cette femme qui revient, elle à j’ai donné 10 € autrefois tandis qu’elle pleurait, elle à qui l’on m’a dit une autre fois qu’il ne fallait rien lui donner parce qu’elle n’en avait pas besoin (« Elle est folle » était peut-être les mots, mais je ne sais plus, je me rappelle d’un manteau rouge). Elle nous demande de porter ses sacs de course à l’intérieur du tram. Ils sont remplis de nourriture, pour elle et pour un chat, trois sacs lourds et remplis. Une fois dans le tram elle continue de demander de l’aide, un euro ou cinquante centimes, une aide dont, vraisemblablement, elle n’a pas besoin. Ses sacs sont lourds et elle n’aura pas faim. Mais où est sa pauvreté ? Peut-être ailleurs. Dans la confusion de son esprit, c’est certain. Presque encore, ce soir, elle pleurait.

Jeudi 19 janvier 2023

L’un d’Amérique, l’autre d’Asie, vous êtes des souvenirs de Paris. L’un furtif et enjoué un soir de pluie, l’autre étendu sur des mois et quelque part entre l’amour friable et l’évidence. Ce qui vous lie, ou ce qui nous lie, c’est cette sensibilité qu’on appelle l’art et que vous pratiquez et qui m’est nécessaire, si les jours s’allongent. Bientôt vous reviendrez ; l’un en été, l’autre quand ?

Mercredi 18 janvier 2023

M m’écrit, il revient d’Italie, enfin je veux dire il revient toujours d’Italie maintenant, l’Italie est là, tout le temps, elle attend qu’il en fasse un livre, autre chose. Il me demande ce que moi, je fais, les projets, l’écriture, les photos. Et puis son site web ne ressemble plus à son site web, mais moi je m’en éloigne, de ça, faire des sites web et les réparer, c’est-à-dire que je m’en suis déjà éloigné, ce n’est plus là pour lui ou d’autres. Et puis je lui dis la difficulté que j’ai à tenir mon journal. Je me demande ce soir si ce n’est pas parce que je ne regarde plus autour de moi. C’est peut-être voir, que je ne sais plus faire.

La jeune femme blonde, dans le tram, par exemple, blonde Marylin, pourquoi l’ai-je à ce point ignoré tandis qu’elle se maquillait comme un tuto Youtube ? Parce qu’elle était d’un genre qui ne m’intéresse pas, ce genre à poser ses pieds sur les sièges ? D’un genre sans émotions mais pétris de comportements et de gestes, cette arrogance, d’un genre sans altruisme, d’un genre que je juge, tout de suite, monnaie de sa pièce ? D’un genre qui ne me donne pas envie de parler d’elle ?

De qui alors ? De qui faut-il parler ? Qui faut-il regarder attentivement pour vouloir le décrire ? Ce garçon aux doigts sales comme ceux de la rue, fashion et un peu soûl, les cheveux gras, le regard dans le mien sans trop savoir pourquoi.

Dimanche 15 janvier 2023

J’ai les semelles crottées quand je franchis ta baie qui sert de porte d’entrée. J’ai mis, un peu plus tôt, 5 roses rouges dans un seau rempli d’anémones ; la tombe était entourée de boue, j’avais découvert un cimetière aux inhabituelles étendues herbeuses.

Vendredi 13 janvier 2023

C’était en ces années où, probablement, nous étions encore vivants. Mois de mars, un monde blanc de neige, toutefois pas entièrement. Ici la blancheur n’est jamais absolue, peu importe combien les flocons se déversent, que le froid et le gel collent le ciel à la mer et que le frimas s’infiltre au plus profond du cœur où les rêves élisent domicile, jamais le blanc ne remporte la victoire. Les ceintures rocheuses des montagnes s’en délestent aussitôt et affleurent, noires comme le charbon, à la surface de cet univers immaculé. Elles s’avancent, saillantes et sombres, au-dessus de la tête de Bárður et du gamin au moment où ceux-ci s’éloignent du Village de pêcheurs, notre commencement et notre fin, le centre de ce monde. Et ce centre du monde est dérisoire et fier.
::: Jón Kalman Stefánsson ; Entre ciel et terre

Vendredi 6 janvier 2023

C’est J qui m’apprend la mort de Renée Gailhoustet. Ici je dis un prénom, un nom. Ça ne peut pas être une initiale, ce n’est pas R, pas juste R. En écrivant ces mots, il y a déjà l’image ajoutée en-dessous, ce couloir de l’université : j’étais allé photographier un groupe d’étudiants internationaux, c’était leur dernier examen.

C’est J qui m’apprend la mort de Renée Gailhoustet. Je commente précipitamment, envoie quelques mots, l’émotion vient après, c’est l’heure du déjeuner, on a l’habitude de me voir manger seul.

Il me faut alors savoir rendre hommage, ici. Simplement, d’abord, se rappeler des moments partagés, nombreux, comme ce déjeuner de Noël où nos rires avaient surgi tandis qu’on échangeaient les cadeaux, ces tablées chez elle ou chez Andrea, cette famille qui est encore famille, la mienne, par extension, par évidence ou par amour des gens. Se rappeler de ce moment où j’étais là, seul avec elle, et elle déjà ailleurs, comme on dit, presque sans moi, dix minutes difficiles mais quelque part essentielles à lui dire plusieurs fois « Je suis là« , avant que je reste, chez elle donc, été 2019, durant trois semaines, parmi les trois plus belles semaines jamais passées parce que chez elle, au Liégat, c’était magique, généreux, lumineux, ouvert, il y avait la terrasse, les arbres et les oiseaux, on pouvait dormir dans un lit ou dans un autre selon qu’il faisait chaud et les motifs des draps étaient jolis. Dans l’étagère de la chambre du bas j’avais attrapé Don Quichotte et j’en avais lu quelques pages. Et puis j’aimais A éperdument et parfois il était avec moi.

Rendre hommage plus que simplement, parce qu’il y avait ça, le verbe « habiter », immense, comme chez F, avec cette vue et ce volume qui vous englobe.

Mais Ivry c’était aussi, bien sûr, les années avec Ch et cet espace qui était chez nous, mon adresse quelques années, comment on fait pour le dire en trois phrases ?

Comment on fait pour se taire ?

Rappeler que chez A, aussi, j’ai passé trois semaines, été 2021, autre adresse, autre lieu, à deux pas, Ivry toujours, du Renaudie cette fois comme chez moi autrefois, même magie, même générosité, même notion de l’espace et du mouvement, c’est un peu ça, habiter pleinement, c’est pouvoir bouger. Presque je m’y perdais, chez A, grâce aux recoins. Cette fois je n’aimais personne. Sauf A encore, me direz-vous.

Jeudi 5 janvier 2023

– « C’est joli la lumière. »
– « Oui ça fait des ombres », réponds-je.
Tu ris de ce contraire.

Tu es un visage oublié, un souvenir à peine perceptible, début 2018, dis-tu. Tu lisais des poèmes de Michel-Ange et je m’en étais ébahi, dis-tu. Peut-être que c’est un souvenir, oui, en effet quelque part au fond de moi.

Aujourd’hui, je cherche à comprendre le silence qui a suivi. Je te dis que j’aie dû prendre peur. Peur des années entre nous ?

Mercredi 4 janvier 2023

Les Mots, fin de la première partie. Sartre parle du cinéma, de la musique des films de sa jeunesse puisque muet, le cinéma. Il parle de la musique que joue sa mère et des films qu’il se crée. C’est magnifique.

Il y a, entre les pages 110 et 111, un marque page qui a été, je suppose, celui de mon père, un bout de papier de 4cm sur 10, déchiré d’un cahier peut-être, dont il subsiste 15 marques de pliure. Je me demande s’il s’est arrêté là, dans le livre.

Ce rien m’émeut. Il y a peut-être plus de la vie de mon père dans ce papier marqué de pliures que dans tous les livres qu’il a achetés, mais je ne sais pas expliquer pourquoi. Encore une fois, je me heurte à l’indicible. Il y a là ce qui normalement n’aurait pas dû subsister, un petit rien parmi tous les autres. Il y a là son année 1964, la jeunesse évanouie.

Que reste-t-il de mes 18 ans et surtout qu’ai-je envie d’en garder ?

Mardi 3 janvier 2023

Il est 11h42. Tu annules notre rendez-vous, froidement ; je sais que je n’existe plus. Je crois que je n’existe plus depuis ce moment précis où tu as eu la folie de dire que tu voulais m’avoir tous les soirs. Dans mon carnet, j’ai écrit « tous les jours », ce doit être ça. C’était encore l’été. Déjà ! Je ne t’avais pas cru : tu t’étais mis au bord du vide, c’est tout, pour voir si tu serais capable de sauter. Dans mon journal, tu étais encore un futur.

Samedi 31 décembre 2022

Tu sors fumer une cigarette, je te suis. Tu me souris peut-être plus que de raison depuis que je suis arrivé, tu n’es pas seul ici, vous semblez vous aimer. Tu me demandes si je vis à Bordeaux, tu ne m’as jamais vu ici. Nous ne savons pas encore que sommes déjà amis sur un réseau social ; tu t’y caches derrière un pseudonyme un peu obscur et derrière tes bras, ce soir sous un masque brillant de passementerie kitsch et une barbe pailletée bleue. La mienne l’est peut-être un peu. Nous parlons peu, de ce qu’on fait dans la vie, du dernier film que j’ai vu, de cette foule joyeuse qui devient mon habitude ; je te surprends, à qui t’attendais-tu ? Tu me surprends, ta voix aussi. L’instant est bref, le temps de cette cigarette. Nous ne savons pas qu’il nous regarde.

Jeudi 29 décembre 2022

Nous sommes à la caisse. Il dit être SDF depuis 10 ans ; il en a 27. Je lui demande s’il arrive à travailler parfois. Oui : un peu de service, de restauration… Je l’interromps, pensant le rassurer : ce sera facile de trouver quelque chose ici… Mais il me dit que faire un boulot de fou dans un resto pour 1400 euros par mois, non merci. Je n’ai pas encore payé. Je reste une peu de marbre. Sous son bras, un énorme roman anglais ; la quatrième de couverture contient tous les ingrédients pour l’embarquer ailleurs.

Il ouvre son sac pour y ranger ce que je viens de lui acheter : 2,50 euros de poulet / pommes de terre chauds dans une boîte plastique, un paquet de chips, un autre de gâteau. Un gros ours en peluche blanc apparait, prenant la moitié de la place. Tu vois, je me promène avec lui, il dit. Je me demande où est sa vie. Je me demande surtout qui il est vraiment.

Et puis je m’éloigne. Des cordes s’abattent sur moi. Et sur lui encore plus.

Lundi 26 décembre 2022

J’ouvre le carton, plutôt sans ménagement. Il y a quelques traces administratives suite au décès de mon grand-père et notamment suite aux 46500 francs versés par l’une des assurances. Il y a ce qui était probablement sa sacoche, des lunettes cassées, une bouteille de parfum qui envahira longuement mon espace nasal, un coupe-chou à la lame cassée, son dernier carnet professionnel avec des annotations datant de deux jours avant sa mort, que sais-je encore, et surtout une petite enveloppe contenant un mouchoir dans les teintes roses, noué sur une poignée de terre. Elle fait question, cette terre. Elle nous trouble par ce qu’elle a été pour lui, puisque selon moi c’était à lui. Tout cela fait remonter à la surface ce texte – bientôt 80 pages – qui attend et contre lequel je lutte. J’y lutte contre la litanie de questions, et cette terre en est une autre. Pourquoi n’y sais-je plus dire ce que je ne sais pas ?