Vendredi 15 janvier 2021

M.
Tu as préparé une liste. Tu le dis : “J’ai préparé une liste des choses dont je veux te parler, il y en a 7.” Alors après le déjeuner, tu me demandes un chiffre. Le 4, déjà évoqué. Puis un autre, etc. Je m’en amuse. Tu as ces drôles de manies, comme celle de chanter des phrases. Ce sont des phrases qui te plaisent, dis-tu. Elles ne sont rien, pourtant, que des petits bouts de rien. Elles rejoignent ce que l’on retrouve parmi les numéros, la joliesse de l’anodin, parfois né des accidents de la vie. Mais il y a aussi ta peur de devoir repartir.

D.
Je cherche toujours à te connaître. Alors je t’accompagne. Ainsi nous marchons, d’un point à l’autre, comme pour les mettre sur les i de cette histoire qui n’en est pas une. Mais c’est peut-être plus tard, tandis que l’on évoque les habitudes de l’un et de l’autre, que d’une certaine manière nos pas s’éloignent. Tu me rappelles L. Tu as peut-être quelque-chose de sa façon de parler, cette passion de l’histoire et là, sur mon canapé, ce même besoin d’allumer, sur le petit écran de ton téléphone, une chaîne d’informations en continu. L’absence d’un écran de télévision dans mon appartement revient dans plusieurs de tes phrases, et tu interroges également l’emplacement des meubles, le bazar sur celui de l’entrée et la cinquantaine de livres toujours pas rangés sur cette trop grande table. Peut-être écris-tu, dans ta tête, une liste : celle de nos différences. Il y aurait celles qui nous amusent, celles qui nous enrichissent, et celles qui nous séparent. Comme autant de livres.

Jeudi 14 janvier 2021

Au bout de quelques pas, je m’arrête devant une vitrine. C’est un magasin spécialisé dans les stylos-plumes haut de gamme. Attiré par un stylo noit de marque P., je songe à en acheter un plus tard, si ma femme est d’accord.
::: Aki Shimazaki ; Azami

Mercredi 13 janvier 2021

Ainsi l’un reviendrait et l’autre s’éloignerait. L’un parce qu’on a le temps, l’autre parce qu’il sera mauvais.

Mardi 12 janvier 2021

Une vue exceptionnelle, il commença par me dire que son appartement possédait une vue vraiment exceptionnelle. Je trouvais ça incongru dans sa bouche, sur ce banc tout au bout de l’allée des Cygnes où je venais de m’asseoir à son côté. Il avait l’air perdu, mais pas de la manière dont les hommes qui fréquentent cet endroit feignent de s’y être égarés. Je lui souris, ne sachant comment poursuivre la conversation.
En avais-je même envie? Il m’intriguait, la situation était insolite. Je lui souris une nouvelle fois.
::: Jean Mattern ; Une vue exceptionnelle.

Alors je fais disparaître cette image de toi.

Lundi 11 janvier 2021

Il y a sur la table 53 livres, que tu as rapportés un peu plus tôt. Nous avons parlé, ensuite. Pas des livres. Des petits riens. Du travail, c’est incontournable. On a beau essayé de s’en extraire, il revient. Souvent, aussi, j’ai besoin de ton regard.

Il y a peut-être 54 ou 55 livres. Je ne sais plus, en écrivant ces lignes, si je n’en ai rangé qu’un seul, à savoir le Tanguy Viel. Incontournable, quand le relirai-je ? Que son Icebergs soit incontournable me fait soudain sourire.

Il y a sur la table un autre ouvrage qui a déjà traversé ma vie : La Cuisine de Marguerite. Il y aurait tant à dire, sur ce livre, d’ailleurs il conviendrait très bien à ce journal, puisque je ne sais plus trop, plus trop ce qu’il y avait à dire, Arlésienne littéraire, je ne sais plus si Ch le possédait, si Mireille le possédait lorsqu’il y avait eu ses lectures et les images que tu vouais en faire, chez elle. C’était joli, les moments chez Mireille, joli comme son nom, alors je l’écris, Mireille, il sonne, il brille, c’était joli, ces moments ensemble, ça brillait, tout ça, les mots qu’elle lisait pour toi, les photographies des tournages, l’éclat de son visage, la nostalgie peut-être dans cette petite cour bétonnée où jouait quelques chats.

Vendredi 8 janvier 2021

Le présent n’existe pas. Le film a commencé il y a une vingtaine de minutes et le sous-titre affiche cette phrase : Le présent n’existe pas.
Nostalgie de la lumière est un film que, depuis longtemps, je devais regarder. Depuis sa sortie peut-être. Dix ans. Je ne suis pourtant pas tout à fait attentif depuis le début du film, car il y a quelques échanges avec D, notamment. J’ai beau dire ou écrire que le cinéma est une compagnie, il y en a d’autres. Même si elles n’offrent que rarement la poésie de ce sous-titre et de sa version en langue espagnole, elles offrent d’autres souffles, une attention.

Revoici, dans ce film, par ce film, le Chili, ce pays de là-bas. Revoici le désert, celui d’Atacama, au nord, cette étendue sèche dont je n’ai arpenté que ce que la ville d’Arica nous en offre : sa poussière, sa sécheresse. Je disais l’autre jour à ma sœur que je n’avais rien fait des images, qu’elles pourraient rejoindre le livre. Mais je ne sais pas.

Or, justement, là derrière moi il y a cette image, cette façade derrière un mur ocre, photographiée là-bas. Je l’ai récupérée en fin après-midi, après que nous avions bu un vin chaud et mangé une gaufre avec P ; elle est posée par terre, recouverte d’un poids pour réduire la courbe du papier. Elle sera bientôt, peut-être demain, accrochée au mur, en remplacement d’un de ces corps japonais qui, depuis 2011, me suivent. 

Tu m’avais justement dit quelque chose sur tous ces gens accrochés aux murs tandis que tu étais chez moi. Peut-être avais-tu dit que c’était impoli, qu’ils te tournent le dos, je ne sais plus, ou c’était agaçant, je ne sais plus  j’avais ri, et pourtant il y avait une part de sérieux dans cette remarque. C’est assez vertigineux de réaliser que cela va faire 10 ans que ces gens me suivent.

Je vais donc remplacer des collégiennes marchant rapidement par un trottoir. Je vais remplacer des mouvements par l’immobile, leurs rires par un mur, des respirations par une rigueur, passer du temps court au temps long, du furtif à l’infini, comme si le présent d’alors s’étendait jusqu’ici. Même s’il n’existe pas.

Jeudi 7 janvier 2021

Va voir ailleurs si j’y suis. Ce que la langue formule là est prodigieux, et la méthode imparable. Mais la logique sait l’être aussi : et si l’enfant à qui nous donnons ce conseil, lui-même d’emblée de plain-pied dans le registre des mots qui est encore pour lui aussi celui des choses, revenait de sa quête en nous disant que, en effet, il nous a trouvés, et que nous sommes aussi ailleurs, alors où serions-nous ?
::: Mathieu Riboulet ; Nous campons sur les rives.

Lundi 4 janvier 2021

Simone Weil disait que Karl Marx lui était cher, mais qu’elle aimait mieux encore la vérité. À qui raisonne comme elle, ou comme Walter Benjamin, ou comme Georges Bataille, ou comme Pier Paolo Pasolini, ou comme Jean Genet, ou comme Marguerite Duras, à qui cherche la vérité au-delà du vraisemblable idéologique, dans l’articulation toujours périlleuse des idées et de la vie sensible, à qui risque sa pensée à l’intersection de soi et du dehors, à l’endroit où vivre dans ce monde est une blessure, la tâche de l’époque serait de commencer à décrire les lieux de la cité et les habitudes de la société qui, en œuvrant pour l’uniformité du monde, hâtent la venue de la fin.
::: Olivier Cheval – Dernière leçon sur le confinement ; Lundi matin

Tu fumes une dernière cigarette. Il fait froid, alors je t’ai dit de fumer à l’intérieur. Tu me remercies, pour tout. Tu dis qu’il y aura eu des rigolades, des engueulades. Et nous sourions de nous.

Samedi 2 janvier 2021

– Pourquoi il y a une chaussette en boule par terre, là ? 
– Mmmm… Parce qu’il y a l’autre un peu plus loin derrière.
Alors je ris.

Vendredi 1er janvier 2021

Pour la troisième année consécutive c’est ensemble que nous célébrons ton anniversaire. À chaque fois c’est différent ; cette fois, toute la journée nous sommes ensemble, puisque tu es là. Je creuse dans les souvenirs pour en puiser un sens, une formule, une joliesse, ce que cela dit de nous. Il y avait, il y a deux ans, une certaine folie née de cette solitude que tu refusais, puisque cet autre que tu avais choisi ne t’accompagnait pas. Il y avait, l’an dernier, une certaine folie née de ces accoutrements que l’on revêtait, puisque cet autre que toi était dans le miroir. Quelle forme de folie cette année ? Peut-être, juste, un petit grain, née de bulles à quinze heures.

2021 !

Je m’étais demandé comment exprimer, cette fois-ci, des vœux. Comme F me l’exprimera pour lui-même, je n’étais pas très inspiré. J’avais bien pensé prendre des morceaux de visages, ceux qui me sont chers, ceux que j’espérais revoir, et n’en faire qu’un. L’idée était un peu naze mais cela aurait eu du sens, rejoignant en image ce que je disais hier. Mais surtout le résultat risquait d’être moche, vraiment moche.

Alors à la place, j’ai essayé le beau. Ou quelque chose qui s’en approche, par en quelque sorte une représentation objective de la beauté : une pivoine. Vous connaissez quelqu’un qui trouve ça moche, une pivoine ? Au pire certains trouveront ça ringard. J’assume.

La fleur avait un avantage certain, je pouvais la faire parler. Selon le destinataire, la fleur ainsi transformée viendrait souhaiter une année colorée, de la légèreté, le parfum délicat d’une peau, de la douceur telle celle d’un pétale, un peu de fragilité peut-être pour donner un peu de sensibilité à nos vies, et puis du silence. Beaucoup de silence. Celui qui nous laisse en paix. Celui qui fait taire les commentateurs. Et celui qui englobe, comme des bras, les voix de ceux qu’on aime, ou comme la nuit, leur souffle qui nous manque.

Jeudi 31 décembre 2020

Est-ce immuable ? Faire un bilan le dernier jour ? Regarder derrière pour peut-être mieux voir ce qui nous attend devant, ou ce que l’on souhaite. Mais non, pour cela c’est inutile : oh l’on sait déjà ce que l’on espère pour les lendemains, quel que soit le jour du calendrier.
Regarder derrière, tout de même, pour rendre hommage. 366 jours, tout de même ! Voir les moments intrépides, les ciels dégagés, et les douleurs des autres. Chercher à sourire des épreuves, des traversées immobiles et cloitrées. Penser à vous. Ici combien de fois vous ai-je parlé ? Si l’on me demandait quel souvenir de 2020 j’aimerais emporter sur une île déserte, serait-ce ces mots avant d’entrer chez le coiffeur, ou cet inattendu dans un couloir d’hôtel, ou cette heure apaisée à parler de nous, ou cette seconde où l’on sait qu’il n’y en aura pas d’autres, ou cette main qui remonte des cheveux et qu’un sourire subsiste sur une image floue, ou la tête que tu penches à peine, ou ton regard comme ça presque sévère, ou ta main qui désigne ce chemin de croix au creux du crépuscule. Puisque malgré cette année de distance, de silence, d’attente et de solitude, j’aime à penser à vous et aux autres, j’aime à me dire que la solitude n’existe pas. Et tandis que le dernier soleil décline, dans cette langue dont je ne sais rien, tu es là qui chante l’amour.

Mercredi 30 décembre 2020

Arnaud, merci pour tout ce que tu as fait pour moi. 
Oh ce n’était rien.
Oui, ça c’est vrai.
– (Rires)

Samedi 26 décembre 2020

Alors, on rectifierait le nombre de fois où l’on est allé là-bas, qui lançait les sardines. Tu me dirais que ce détail n’existait pas ou qu’elle t’a, à toi aussi, raconté ce petit bout d’histoire. Ainsi je confirmerais ce que la confrontation avec les souvenirs ne peut pas être : exacte. 

Jeudi 24 décembre 2020

Il y a, sur la table basse où l’on a préparé l’apéritif, trois objets empilés : une boîte de chocolats, surmontée d’une chemise bleue à élastiques, sur laquelle est posée une bouteille de jus de yuzu emballée dans une page de magazine de photographie sur laquelle l’image est belle. La chemise bleue contient une cinquantaine de feuilles, imprimées recto-verso. Sur la première, il y a mon nom et un titre : “Ce lieu de l’absence de nous.

Enfin, en ce 24 décembre 2020, je dévoile à mes parents, et bien sûr d’abord à mon père, le livre que j’écris sur mon grand-père, Antonio, que je n’ai pas connu, réfugié espagnol en 1939 lors de la Retirada, naturalisé Français en 1949 et mort en 1965 d’un accident du travail sur le pont du Garigliano. Ce récit n’est pas qu’une histoire, c’est mon histoire et celle de ma famille. Ici, dans cette centaine de pages, je vais au-delà des faits, je creuse ce que questionne dans ma vie la présence de ce grand-père. Je sais que ce que j’ai reçu de chacun de mes grands-parents – que l’on pourrait regrouper dans une valeur fondamentale : le respect – a été essentiel dans l’homme que je suis aujourd’hui. Mais la vie d’Antonio m’emporte ailleurs, sur des terrains guerriers et héroïques, dans des bateaux et des camps de détention, dans des photos longtemps inconnues et, puisque nous avons un courrier de 1940 qui précise qu’il est accepté comme réfugié au Mexique, m’emporte de l’autre côté de l’Atlantique. Et s’il était parti ?

Alors, voilà, pour Noël, j’ai offert à mes parents et à mes sœurs quelque chose d’un cadeau : ce qui nous rassemble. S’il était parti, nous ne serions pas là, nous ne serions pas nous.

Mercredi 23 décembre 2020

Il est 19h48, j’ai enfin le vague sentiment d’être en vacances même s’il faudra pour l’être vraiment se détacher du travail. Soudain, il y a ce petit bruit qui signale un message : “Tu me manques bcp.” Je suis touché. Je te réponds immédiatement, te propose que l’on se voie la semaine prochaine. Les mois ont passé. Trois, presque. La dernière fois, tu avais écrit quelque chose de joli, déjà : “Ça m’étrange quand quelques jours passent et que tu ne m’adresses plus la parole.
Ça m’étrange“. Je ne savais pas si tu avais fait une faute de frappe, étranglé, ou si ton français, pourtant très très bon, avait commis cette irrégularité poétique. Le verbe, étranger, du premier groupe, nous offrirait alors l’idée que sans mes mots tu ne serais plus toi-même. Il rejoindrait alors cette difficulté que nous avions eu d’être toi-même et moi-même, notamment un soir de printemps, chez J, ensemble. Il rejoindrait cette idée qu’on n’est plus tout à fait soi-même lors d’une rencontre et cette contradiction qu’on ne l’est plus non plus sans l’autre.
J’avais, déjà, alors, proposé que l’on se voie la semaine suivante. Cela n’avait pas eu lieu. La proposition avait perdu, je suppose, contre mon envie d’être seul que je t’avais aussi exprimée. Est-ce que cela m’avait étrangé ?

Lundi 21 décembre 2020

Les mains de Joseph sont posées à plat sur ses cuisses. Elles ont l’air d’avoir une vie propre et sont parcourues de menus tressaillements. Elles sont rondes et courtes,des mains presque jeunes comme d’enfance et cependant sans âge. Les ongles carrés sont coupés au ras de la chair, on voit leurépaisseur, on voit que c’est net, Joseph entretient ses mains, elles lui servent pour son travail, il fait le nécessaire. Les poignets sont solides, larges, on devine leur envers très blanc, charnu, onctueux et légèrement bombé. La peau est lisse, sans poil, et les veines saillent sous elle.
::: Marie-Hélène Lafon ; Joseph

Dimanche 20 décembre 2020

Comme d’autres fois, je me dis que c’est le matin qu’il faut venir, pour voir le soleil frapper l’autre rive, puisque j’ai traversé. Ici ou là, la boue, brille sous mes yeux ou se colle sous mes pieds. J’essaye de regarder autrement le décor d’un paysage qui va entrer dans l’hiver. J’ai osé, pour changer, un objectif 85mm, celui-là dont le grain peut faire des merveilles quand des visages sont devant lui et que la mise au point, manuelles, a bien voulu être précise là où on le souhaitait. Ici, alors, j’essaye de remplacer les visages, le leur, le vôtre, le tien. Mais est-ce possible ?

Samedi 19 décembre 2020

Nous marchons. C’est presque devenu un rendez-vous, même si nous en avons tant. Tu me dis que je t’ai fait pleurer. Je te dis que j’espère bien et je souris doucement ; le temps aussi est à la pluie.

Vendredi 18 décembre 2020

Je ne lui demande pas si elle accepterait d’être ici, dans mon journal. Je n’y pense pas. Il y aurait, sinon, cet éclat de rire dans une veste orange, lumières devant un ciel gris.

Jeudi 17 décembre 2020

La nuit tombe.
J’entre dans mon appartement où il n’y a personne. Il fait froid aujourd’hui pour une fin d’avril. Il est déjà 8h. J’ai faim. En préparant une salade, je réchauffe le curry, restant d’hier. Installée à la petite table dans la cuisine, je commence mon dîner tardif. Je n’entends que le tic-tac de la pendule. C’est samedi. Mon fils, chez son père depuis hier, reviendra demain soir.
::: Aki Shimazaki ; Suzuran

Nous nous retrouvons en bas ; j’ai deux ou trois minutes de retard, encore les yeux un peu humides d’exaspération. Tu me dis “mon compagnon” dans cette réponse à ma question sur la raison de ta venue dans cette ville. Je ressens alors un petit quelque chose : cela me fait plaisir pour toi. Sincèrement. Nous n’en reparlerons pas ; plus tard vous serez au bord de la mer. Nous n’en reparlerons pas mais il n’est pas impossible que cela explique l’aisance que j’aurai par la suite, comme libéré de nous, d’une certaine manière, même si ce ne sont que des mots, peut-être mal choisis. Et puis nous voilà chez moi. Tout au long du repas, je n’arrive pas à intégrer le fait que non, tu n’es jamais venu ici. Je crois que nos années de vie commune en sont la raison, chez moi serait encore forcément chez toi. C’est étrange. Parfois, alors, je dois te sembler bizarre, mais d’abord tu m’offres ce livre. Je n’avais pas pensé à cela, t’offrir quelque chose puisque bien entendu c’est la période. À croire que j’avais oublié combien tu y tenais, à ce genre de petites attentions et combien tu en étais, plus souvent de que moi, l’auteur. Cela ne m’a pas effleuré, peut-être parce qu’il y a cette distance que tu mets dans les mots. Toujours tu m’écris “Bonjour”, comme si la solennité était ce qu’il restait de nous, mais ce n’est là qu’une option parmi tant d’autres. Cela ne m’a pas effleuré et tu as pu penser que cela ne t’étonnait pas : cela me ressemblait bien.